Godzilla, le film indé à 160 millions de dollars !

Godzilla tente de rétablir la paix sur Terre, tandis que les forces de la nature se déchaînent et que l’humanité semble impuissante… 
Attention, cette critique contient quelques spoilers ! 
Godzilla

L’une des nombreuses affiches du film

Godzilla est un pari risqué : reprendre un classique du cinéma nippon qui pour beaucoup sent le décor Power Rangers en carton pâte et le costume de lézard douteux, alors que l’adaptation Hollywoodienne de Roland Emmerich en 1998 avait abimé le cerveau de toute une génération, et que Guillermo Del Toro est passé remonter la barre très haut avec Pacific Rim l’an dernier ne semble pas à priori une bonne idée.
Le film de monstres 2.0
Nos craintes semblent se confirmer dès les débuts laborieux de ce Godzilla version 2014, où on ne nous évite aucun poncifs du genre : le savant qui a raison contre tous, le traumatisme 15 ans avant le vrai début de l’action, le complot militaro industriel, la glorification de l’armée, la petite famille trop heureuse pour ne pas être séparée par les évènements… bref, au secours.
Pourtant rapidement le film se montre intelligent, en évacuant tout cela efficacement : le savant meurt très vite et le personnage principal est simple (c’est un soldat) et ne s’éparpille pas dans ses objectifs : tuer les méchants monstres avec ses collègues. Certes, les militaires n’ont pas que des bonnes idées mais globalement ils restent protocolaires (si des monstres nous attaquaient, l’armée agirait probablement comme dans le film), on évite le piège du méchant-général-qui-veut-larguer-la-bombe. Chacun fait son devoir, et c’est tant mieux.
Godzilla

L’armée US, sponsor officielle d’Hollywood depuis.. ben depuis toujours en fait

On ne nous reloute pas non plus avec la femme et le gosse perdus dans les buildings qui s’effondrent, on ne cherche pas le larmoyant (comme c’était le cas dans World War Z, LE gros défaut du film). La famille reste un thème central, mais s’efface largement face à l’action. Même si du coup le scenario peut déstabiliser, car nos repères habituels sont faussés. Ici, les hommes ne font pas tout, et une force supérieure prend les choses en main.
Et cette force supérieure, c’est Godzilla. Le retour à un monstre mythique, quasi déifié dans le film, après la blague Emmerich fait du bien. Il est de plus très urbain puisqu’il vient courtoisement sauver l’humanité de 2 monstres qui ajoute à l’impolitesse de tout casser sur leur chemin le mauvais goût d’être particulièrement moches et mal foutus (pas à cause des effets spéciaux, très réussis, mais à cause de leurs corps disgracieux).
Godzilla

If you’re going, to Saaaan Fraaaaan-Cisco !

Les scènes de destruction sont efficaces, on en a pour notre argent, et on ne tombe pas dans l’excès Brukheimer-ien (ou Bay-en, comme on veut, ce sont des synonymes) du « j’ai dépensé 25 millions pour cette baston entre deux monstres, je veux que ça se voit et que ça pète sec« . Ici certains des affrontements sont suggerés ou simplement montrés à la télé, l’une des excellentes bonnes idées du non moins excellent Cloverfield, auquel ce Godzilla nous a fait penser.
Un casting humble qui a bien raison de l’être
Nous avons affaire ici à un film catastrophe, ne l’oublions pas, le principe est donc de suivre un personnage qui n’a pas de bol et se retrouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment (une autre variante existe, celle de s’attacher à PLUSIEURS personnages, chacun leur tour au mauvais endroit au mauvais moment, ce qui présente l’avantage de pouvoir en tuer un ou deux de façon rigolote).
Godzilla

Fenêtre sur cour

Ce personnage, c’est Aaron Taylor-Johnson (Kick-ass), qui ne gagnera pas un oscar, puisqu’il passe la moitié du film à se concentrer pour n’avoir qu’une seule expression faciale (l’autre moitié du film étant consacré à ressembler à Daniel Radcliffe). Mais justement, c’est parce qu’il joue le minimum qu’il montre qu’il est un grand acteur qui sait s’effacer devant un film qui ne demande au acteur de n’être qu’un vecteur narratif. Le vrai héros, au final, c’est Godzilla.
On regrettera évidemment de ne pas passer plus de temps avec Bryan Cranston, ni Juliette Binoche, qui passe tellement en coup de vent qu’on ne comprend pas pourquoi son nom est autant mis en avant au générique (parce qu’elle a un Oscar nous dit-on dans l’oreillette). Elizabeth Olsen quant à elle remplit parfaitement son rôle : être belle, pleurer et montrer ses grands et beaux yeux.
Godzilla

La plus belle scène du film, malheureusement surexploité dans les bande-annonces

Quelques bémols minimes : son petit garçon est plus qu’agaçant avec sa tête de paupiette et son air endormi. On se surprend parfois à se demander ce que ses parents lui donnent à fumer, à son âge il pourrait avoir des séquelles plutôt gênantes pour sa scolarité.
Plus sérieusement, il est dommage que les rôle de Ken Watanabe, et encore plus de Sally Hawkins (excellente dans Blue Jasmine) soient ceux qui pâtissent le plus du scénario. Ils sont là pour poser l’intrigue et nous expliquer ce qui se passe, et dans un second temps devenir la caution scientifique, philosophique, voire mystique de la présence de Godzilla parmi nous les petits hommes.
Godzilla

Helloooooo !

Un réalisateur de génie
Le film doit enfin énormément à son réalisateur. Gareth Edwards nous avait déjà fortement impressionné avec son précédent film, Monsters, l’une des plus belles chose vue ces dernières années. Il y avait tenu les postes de réalisateur, scénariste, directeur de la photo et responsable des effets spéciaux, son domaine de prédilections.
Il apporte à Godzilla son sens de l’image et de la lumière, nous offrant des plans sublimes, particulièrement la nuit. Comme dans Monsters, il soigne particulièrement ses créatures. Bref il est le réalisateur idéal pour le projet, et il le montre, en signant un film intelligent, qui semble ne pas bien commencer, mais pour justement mieux contourner les pièges et finir par nous séduire par son esthétique soignée et sa réalisation léchée. Un film indé à 160 000 000 $ ! A voir !
Godzilla,
De Gareth Edwards, 
Avec Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Ken Watanabe, Sally Hawkins, Bryan Cranston, Juliette Binoche
Sortie le 14 Mai 2014
Distribué par Warner Bros
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