Un Amour d’Hiver, ni fait ni à faire.

New York, au tout début du XXème siècle. Passé maître dans l’art du cambriolage, Peter Lake n’aurait jamais cru qu’un jour son cœur lui serait ravi par la charmante Beverly Penn. Mais leur idylle est maudite : tandis que Beverly est atteinte de tuberculose, Peter a été condamné à une mort bien plus violente par son ancien mentor, le diabolique Pearly Soames. Peter tente par tous les moyens de sauver la femme qu’il aime, à travers le temps, luttant contre les forces des ténèbres – et surtout contre Pearly qui s’acharne à vouloir l’anéantir. Désormais, Peter ne peut plus compter que sur un miracle…

A Winter's Tale

L’affiche du film annonce la couleur

Si vous avez le courage d’aller voir ce film après avoir lu cette critique, vous vivrez une expérience rare au cinéma. Un Amour d’hiver, dont le titre en Français est à lui seul un chef d’oeuvre de réflexion marketing, est un moment anachronique, fruit devenu rare d’un Hollywood qui cherche à faire de l’argent à tout prix, sans penser au plus important : une histoire bien ficelée.

A la base, A Winter’s tale (vous ne nous en voudrez pas d’utiliser le titre original) est un livre de Mark Elprin qui a connu un joli succès depuis sa sortie en 1983, et qui ambitionne d’associer un conte traditionnel classique (l’amour plus fort que tout, le Bien et le Mal), avec une réflexion sur l’Histoire et le Progrès. Je n’ai pas lu le livre, mais il parait qu’il est très bien.

A winter's tale

Qui aurait deviné qu’avec cette tasse de thé on en prendrait pour 100 ans ?

Sur cette histoire au potentiel plus qu’intéressant pour les magnats d’Hollywood (un conte Disney + une comédie romantique à New York + un film historique + une lutte entre des anges et des démons), arrive Akiva Goldsman, scénariste bien installé dans l’industrie : il a eu la bonne idée d’écrire I, Robot ou I am a Legend, mais la moins bonne de commettre Batman Forever, Perdus dans l’espace, Da Vinci Code et Ange et Démons..

Au projet il apporte, en plus de sa plume, un carnet d’adresse bien rempli (il connait tout le monde dans le business), une furieuse envie d’être aux manettes de son premier film en tant que réalisateur, et une motivation sans faille (il a perdu son épouse il y a quelques années, et cette histoire d’amour plus fort que la mort a dû lui servir d’échapatoire.). Bref, les calculs faits, le film sera un succès, au moins en DVD, donc le feu vert est donné. Grave erreur.

A winter's tale

Russel Crowe qui nous livre la performance la moins subtile de sa carrière

Avec 60 millions de dollars de budget, ce film est déjà une catastrophe financière. Pas étonnant, on ne pige rien à ce qu’il se passe à l’écran. Entre des aller-retours entre le New York d’aujourd’hui et celui d’il y a 100 ans, des scènes aux enjeux dont personne ne comprend rien, des séquences ahurissante de ridicule (le cheval qui s’envole, c’est très fort et ça n’est même pas second degrés). Je ne vous révèle rien de l' »intrigue », c’est inutile.

C’est un peu dommage, parce que les acteurs s’en sortent honorablement avec ce qu’on leur donne : Russel Crowe est très drôle en mafieux démoniaque bourré de tics faciaux, Colin Farrell fait le boulot en amoureux transi (même si on ne comprend pas bien comment on peut tomber fou d’une jeune fille qui vous sert le thé), les deux jeunes actrices (Jessica Brown Findley, vue dans la série Abbey Road, et la petite Mskayla Twiggs) sont excellentes, Jennifer Connelly est toujours aussi belle..

A winter's tale

Jennifer Connelly, toujours la plus belle brune du monde

Bon Will Smith est ridicule en sorte de Satan arborant un T-shirt de Jimi Hendrix à toutes les époques et des anneaux dans les oreilles. Certains dialogues sont funs, et on se plait presque à apprécier certaines scènes.. Mais quelques scènes dans un naufrage pareil, ça ne suffit pas. L’avantage, c’est que l’on passe un très bon moment à rire de toutes les fautes du film, que n’importe qui ayant eu le scénario en main aurait pu déceler.. Et elles sont nombreuses ! A aller voir comme un guide de ce qu’il ne faut pas faire au cinéma !

Un Amour d’Hiver (sic)
D’Akiva Goldsman
Avec Colin Farrell, Russell Crowe, Jennifer Connelly, William Hurt, Jessica Brown Findley, Eva Marie Saint, Will Smith
Sortie le 19 mars 2014
Distribué par Warner Bros

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