Les Trois Frères, le retour : le désastreux plaisir coupable.

Ils sont trois. Ils sont frères. Ils sont de retour. 15 ans après, Didier, Bernard et Pascal sont enfin réunis… par leur mère…Cette fois sera peut-être la bonne.

Affiche

Si vous n’avez pas entendu parler de la sortie ce mercredi du retour des Inconnus au cinéma, après 18 ans d’absence, c’est que vous vivez dans une grotte. Télé, radio, placardisation dans les métros, les abribus et projection du film en avant-première dans toute la France, Pascal Légitimus, Didier Bourdon et Bernard Campan se sont pliés en quatre pour que l’hexagone soit au courant de leur grand retour. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Le résultat est plus mitigé que la désastreuse bande-annonce le laisse présager. Est-ce justement parce que celle-ci laisse à penser que le film est une sombre daube que l’on ressort de la projection en se disant : “c’est pas si mal ?Les Inconnus, gloires de la télévision des années 90, trio aux sketchs hilarants, à l’écriture et au jeu aussi subtils que leur humour parfois grassouillet leur permet de proposer nous ont-ils tellement manqué que notre esprit critique se met entre parenthèses pendant les 116 minutes que dure leur nouveau film ? Mystère mystère.

Ils ont pris cher, oui c'est vrai

Ils ont pris cher, oui c’est vrai

Le fait est que “Les Trois frères, le retour”, suite de leur premier et plus gros succès au cinéma (6,8 millions de spectateurs en 95), remplit avec brio tous les critères du nanar franchouillard. Parler d’un film est d’ailleurs bien généreux, puisque tout, du jeu des acteurs au scénario, en passant par les dialogues, la musique et les décors se rapproche beaucoup plus d’un téléfilm de France TV. Et pas un bon : les trois acteurs mis à part, tout le monde est mauvais, sans que l’on sache vraiment si c’est la faute des acteurs (quasiment tous des inconnus, justement) ou des personnages, écrits avec les pieds et aux enjeux aussi passionnant qu’une compétition de curling de troisième division. La musique, des accords de guitare électrique que l’on avait pas osé mettre dans un film, à raison, depuis au moins une décennie, n’arrange absolument pas un scénario aux rebondissements tellement attendus que l’on se demande parfois si la suite des Trois Frères n’est en fait pas un remake version Z du premier. Rebondissements sont tous sauf rebondissants, rythme arthritique, indigne de la puissance comique que savaient déployer les trois compères au siècle dernier, ce film est, sur le papier comme sur l’écran, catastrophique.

Didier Bourdon, ce génie comique sous-exploité, est le plus drôle de tous

Didier Bourdon, ce génie comique sous-exploité, est le plus drôle de tous

Pourtant, on sourit souvent, et on se surprend même parfois à rire. Il faut évidemment faire abstraction des nombreux défauts du film, ce qui n’est pas une mince affaire. Mais les Inconnus nous ont manqués, et on réussi à ne pas quitter la salle justement parce que l’on sent, derrière le coup marketing évident que représente ce retour reporté maintes fois pour des raisons juridiques (de sombres histoires de procès avec leur ancien producteur empêchaient les trois comédiens de revenir ensemble dans un film commun), l’honnêteté de trois acteurs qui ont chacun tracé leur route depuis avec plus ou moins de succès.

En ne cherchant pas à être autre chose qu’eux-mêmes, en ne trompant pas le public avec un film qui ne leur ressemble pas, bref, en ne pétant pas plus haut que leur cul, les Inconnus ne proposent pas autre chose que ce qui a fait leur succès. Ils distillent évidemment de nombreuses références aux sketchs les plus glorieux qui ont jalonné leur carrière, en ayant l’intelligence de ne pas en abuser.

On retrouve tous les éléments du premier, mais en moins bien

On retrouve tous les éléments du premier, mais en moins bien

Au final nous nous retrouvons donc avec un objet filmique-non-identifié, qui donne l’impression d’être sorti 15 ans trop tard, mais dont le succès quasi garanti ne sera que justice pour trois acteurs attachants et pertinents qui auront fait rire toute une génération. Has-been, les Inconnus le sont surement, mais ils ont le mérite de ne pas faire de nous les otages d’un film malhonnête. Si le film est plus que pauvre sur la forme, le fond reste plaisant, à condition que vous comptiez parmi les fans historiques du trio. Vous oublierez le film (volontairement) aussi vite que vous l’avez vu, vous regretterez que la qualité ne soit pas au rendez-vous, mais au final, vous vous en ficherez, ça se saurait si la filmographie des Inconnus (Le Pari, les Rois Mages, l’Extraterrestre) comptait des chefs-d’oeuvre.

Les Inconnus, 
De et avec Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Legitimus
Sortie le 12 février 2014
Distribué par Wild Bunch Distributions

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