L’Amour est un Film (presque) Parfait

Professeur de littérature à l’université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa belle-fille disparue…

L'affiche du film, intriguante

L’affiche du film, intriguante

Dans la grande majorité des cas, lorsque vous allez voir un film, il est plutôt aisé de coller une étiquette sur ce dernier. « Comédie », « Western », »Drame », »Horreur », etc.. Même si le stagiaire de Télé Loisirs a pris la mauvaise habitude de classer tous les films qui lui posaient quelques problèmes d’identification dans la catégorie, perturbante pour tout esprit cartésien, « Comédie dramatique » (soit environ 75% de tout ce qui passe à la télé, le stagiaire ayant d’autres chats à fouetter, type café, photocopie et achats de fourniture en gros, crise oblige), en général, on sait où on met les pieds. En général.

Ce film n'est pas un remake de Basic Instinct

Ce film n’est pas un remake de Basic Instinct

Car les frères Larrieu ont pris la bonne habitude de s’affranchir des codes du « genre », probable invention diabolique des marketeurs du 7e Art destinée à ne pas perdre le spectateurs dans le chemin qui mène son porte-monnaie à la caisse de son cinéma. Après une histoire d’amour sur fond de fin du monde (Les Derniers Jours du Monde), pitch suffisamment original dans le paysage cinématographique hexagonal pour que le film soit regardé avec bienveillance, Jean-Marie et Arnaud Larrieu signent leur quatrième collaboration avec Mathieu Amalric, l’un des meilleurs acteur que nous avons en magasin en France, avec L’Amour est un crime parfait.

Estampillé thriller, le film, adaptation du roman de Philippe DjianIncidences”, sorti en 2010, est en fait bien plus que cela. Reflexion sur l’Homme, la liberté, la litterature, la réalité, l’interdit, l’amour ou encore le sexe, le scenario est fouillé et fait passer l’enquête de police au second, voire au troisième plan. Surtout, les paysages de montagne enneigée, de forêt profonde, du Lac Léman immobile et froid nous plonge dans une torpeur ennivrante que la mise en scène du duo de réalisateur vient accentuer. On passe très près de l’ennui, et beaucoup d’entre vous s’y perdrons, d’autant plus que la diction des personnages possède d’étranges intonations théâtrales. Mais pour les plus tenaces, rentrer dans le film vous promet d’excellents moments. Les images sont  sublimes, et la musique de Caravaggio est atmosphérique. Mais ça n’est pas tout.

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Car la vraie réussite du film, c’est son casting impeccable. Les seconds rôles sont tous prestigieux : Sara Forestier est une étudiante allumeuse au premier degrés (à croire que l’actrice aime se balader les fesses à l’air) ; Maïwenn, bien qu’un peu en dessous du reste de ses camarades, convainc en veuve fatale ; Denis Podalydès est savoureux en professeur propre sur lui excité comme un adolescent par la soeur de son collègue ; et Damien Dorsaz, jeune acteur au regard bleu perçants jusqu’ici inconnu de nos services, est touchant en jeune inspecteur facétieux.
Enfin, comme souvent, Karin Viard et surtout Mathieu Amalric sont tout simplement bluffants. En frère et soeur associables aux relations troubles et à l’antre inquiétante, ils provoquent à la fois l’empathie et l’angoisse sourde chez le spectateur. L’actrice est impressionnante en blonde plantureuse, et inspire un désir que l’on aurait jamais pensé expérimenter. Mathieu Amalric, comme il en a au final pris l’excellente habitude, est fascinant en professeur de littérature au sex-appeal ravageur et au phrasé fouillé.

Les fils de l’intrigue se tissent soigneusement, nous laissant le temps de nous faire happer par l’atmosphère fantastique de cette oeuvre originale et très prenante. On sort un peu groggy de l’expérience, heureux d’avoir vu un film français qui ajoutait l’audace créatrice à la performance d’acteur. A voir pour les curieux.

L’Amour est un Crime Parfait
D’Arnaud et Jean-Marie Larrieu
Mathieu Amalric, Karin Viard, Maïwenn, Sara Forestier, Denis Podalydès
Sortie le 15 janvier 2013
Distribué par Gaumont Distribution

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