La désolation de Smaug, Jackson rocks his (Middle Earth) World

Suite des aventures de Bilbon Saquet, recruté par Gandalf le Gris pour accompagner une communauté de Nains partis reconquérir leur forteresse d’Erebor, occupée par le terrible dragon Smaug depuis 60 ans. Mais leur quête est ralentie par l’orc Azog, lancé à la poursuite du petit groupe, tandis qu’un mal ancien semble ressurgir des abîmes, incarné par le terrible Necromancien..

Affiche du film

Affiche du film

Le parc d’attraction de la Terre du Milieu

Un Voyage Inattendu, le premier tome de cette nouvelle trilogie autour de l’univers créé par J.R.R Tolkien, avait été considéré comme un remake de La Communauté de l’Anneau : Gandalf vient recruter un Hobbit de la Comté pour participer à une quête permettant de faire la promotion des paysages de la Terre du Milieu (aka la Nouvelle-Zélande chez Peter Jackson). Il le colle à des camarades pas forcément ravis de se retrouver avec un semi-homme pour compagnon, et la balade finit par ne pas se dérouler comme prévu, à cause notamment d’une crevette aux grands yeux plutôt hostile à l’idée que quelqu’un lui pique ses bijoux, Gollum.

La mécanique qui avait joué entre La Communauté de l’Anneau et Les Deux Tours est aussi à l’oeuvre entre ces deux premières parties du Hobbit : là où le premier épisode met en place les intrigues, les personnages et fixe les objectifs, le deuxième fait passer la narration au deuxième plan pour se concentrer sur l’action. Point de bataille homérique au gouffre du Helm ici, mais plusieurs séquences époustouflantes en comité plus réduit : une poursuite en tonneau de 20 minutes dans une rivière, ou encore un final à Erebor où Smaug montre de quel bois il se chauffe.

Peter nous prépare-t-il un parc d'attraction à thème ?

Peter nous prépare-t-il un parc d’attraction à thème ?

Peter Jackson n’a pas perdu son âme d’enfant, et il nous fait plaisir en se faisant plaisir. A l’image d’un Legolas ( signant ici son retour) qui aime surfer sur tout ce qui est à peu près plat, tout n’est pas des plus réaliste dans la profusion d’action et d’actes de bravoure que nous sert le réalisateur Néo-Zélandais, qui semble d’ailleurs ne pas avoir assimilé quelques principes simples de la physique (la gravité, les forces de frottement des corps des orcs sur les rochers pour n’en citer que quelques unes). Mais qu’importe, on se laisse emporter avec bonheur par le rythme fou qu’il insuffle à ces scènes. C’est là le principal avantage du film, et, avouons le, c’est pour cela que l’on paye son billet.

Trois heures, une de trop ?

Car pour la première fois de la double saga (attention, il reste un épisode avant avis définititf), on se retrouve face à de vrais problèmes de rythme narratif. En effet, face au manque de matière qu’implique l’adaptation en trois films de trois heures un livre unique de 300 pages à peine (là où Le Seigneur Des Anneaux en compte 1000 de plus), les solutions que Peter Jackson met en place ne sont pas des plus efficaces. Les nouveaux personnages, vont du très bon(ne) (l’elfe Thauriel, qui apporte sa grâce et son énergie à un peuple qui ne brille pas par l’expression de ses sentiments) au moins utile (Bard, l’homme de Bourg du Lac, qui se retrouve au centre d’une intrigue poussive et pas vraiment réussie). Surtout, le réalisateur, qui pourtant a de sérieux atouts en main, à savoir des paysages sublimes, que l’on avait pas vu jusqu’alors, et une maîtrise des effets spéciaux qui frappe toujours autant, laisse passer des incrustations ne sont plus aussi soignées que ce qu’elles étaient, ou des décors, qui commencent un peu à sentir le carton-pâte.

"Bon vous vous rappelez le premier film ? Vous faîtes pareil, ça avait bien marché."

« Bon vous vous rappelez le premier film ? Vous faîtes pareil, ça avait bien marché. »


Là-dessus, le ciment entre les différentes histoires attaquées de front, liées comme d’habitude par un Gandalf qui doit avoir un total de point S’miles record à la SNCF de la Terre du Milieu tant il est partout à la fois, prend l’eau. 
Résultat : on traîne en chemin, le film marche par à-coups, entre action jubilatoire et intrigues molle, et oublie les personnages. Cette compagnie de nains, toute sympathique qu’elle soit, n’a pas le charisme de la Communauté d’origine, et ses enjeux sont beaucoup moins forts. 

"Un dragon ? Vraiment ? Si j'avais su j'aurais pas venu !"

« Un dragon ? Vraiment ? Si j’avais su j’aurais pas venu ! »

La révélation de Smaug

En donnant le nom du dragon Smaug à son film, Jackson mise beaucoup, à raison, sur le personnage le plus réussi du film. Incroyablement réaliste, particulièrement effrayant et interpété (par la voix) avec maestria par Benedict Cumberbatch (la série Sherlock Holmes, le dernier Star Trek), Smaug brûle la dernière demi-heure de la pellicule, d’autant plus qu’il est au centre d’une séquence d’action sans fin et visuellement ébouriffante dans les cavernes d’or d’Erebor.

Un film a voir donc, mais désormais plus pour sa plastique que pour son fond, là où le Seigneur des Anneaux nous avait habitué à une maîtrise totale de ses enjeux. Espérons que le troisième morceau relèvera la barre, pour ne pas faire de cette seconde trilogie une simple copie commerciale du chef d’oeuvre de Tolkien.

Le Hobbit : La Désolation de Smaug
De Peter Jackson
Avec Martin Freeman, Ian Mc Kellen, Orlando Bloom, Benedict Cumberbatch, Cate Blanchett, Evangeline Lilly, Richard Armitage, Christopher Lee
Sortie le 11 décembre 2013
Distribué par Warner Bros

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