A Touch of Sin, l’étrange expérience chinoise

Dans la Chine d’aujourd’hui, les destins même pas croisés de plusieurs personnages, perdus dans la modernité et ses nouveaux défis, arrivés trop rapidement dans une Chine qui n’y a pas entièrement été préparée.

A touch of Sin, Cannes 2013

Si vous manquez ce film, vous passerez à côté d’une expérience socio-artistico-politique originale.

Nous y suivons une dizaine de personnages n’ayant pas grand chose à voir les unes avec les autres (paysans, chef d’entreprise, femme, homme, riche, pauvre, étudiant, ouvrier, etc..) et qui vivent des expériences elles non plus sans points communs apparents. Sauf deux, en filigrane : la violence, qui surgit à un moment ou à un autre sans prévenir. Et la dualité, qui parsème le film d’un bout à l’autre : Ville/Campagne, Amour/Haine, Richesse/Pauvreté, etc..

A touch of Sin

Une partie de l’équipe du film, aujourd’hui à Cannes

Tout en symbole, la violence entre les être évoque la violence que l’Empire du Milieu a fait vivre à son peuple. Alors que l’on cherche toujours le liant de toutes ces histoires (ce lien est esquissé, par des passages de flambeaux de plus en plus rares entre des personnages qui ne se connaissent pas toujours les uns les autres), il s’avère qu’il était sous notre nez depuis le début. A chacune des destins croisés, nous traversons chantiers, maisons en constructions, routes à moitiés bâties, groupes d’ouvriers.. bref, le pont entre la Chine d’hier et la Chine de demain. La Chine moderne, celle qui construit sans se soucier de ses habitants, le progrès étant plus important que le peuple.

A touch of Sin

La Chine, belle et violente

Au final, ce film évoque un dessin aux traits trop gros pour être perçus de prêt : il faut prendre de la hauteur pour que l’image dans son entièreté apparaisse à la vue. C’est en sortant de la salle que l’on comprend que ce que l’on vient de voir  : non pas un récit délité de plusieurs personnages perdus, mais bien le portrait de la Chine d’aujourd’hui. Du côté le moins reluisant.

A Touch of Sin,
de JIA Zhangke
Avec la Chine d’hier et de demain
Sortie le 11 décembre 2013
Distribué  par AdVitam

 

Publicités

3 réflexions sur “A Touch of Sin, l’étrange expérience chinoise

  1. Ping: Journal de Cannes – Day 2 | cinemoustache

  2. Bonsoir,

    Il me semble qu’un autre lien doit être soulevé entres les différentes histoires. Une vraie progression apparaît : les personnages sont de plus en plus jeunes et la violence extérieure qu’ils subissent est de moins en moins explicite. La violence se retourne aussi de plus en plus sur eux (le suicide final). Il me semble que le film devient beaucoup plus grand (et surtout moins systématique) lorsqu’on le regarde ainsi. Le message final s’en trouve aussi modifié. Plus qu’un état des lieux (constat), il est aussi d’un très grand pessimisme (la violence est intériorisée par les Chinois qui la retournent contre eux-mêmes): le changement ne viendra pas de façon pacifique mais parce que la violence sera devenue intenable. C’est ce que j’ai développé dans un article sur mon blog, si ça vous intéresse : http://lanuitartificielle.wordpress.com/2013/12/18/atouchofsin/

    Au plaisir de vous relire !

    • Très beau regard sur ce film mille-feuille et dense ! Je le regarde de nouveau lorsqu’il sortira en DVD, et je verrai si je suis complètement votre avis !

      Au plaisir d’un nouvel échange !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s