Hunger Games 2 embrase la pellicule

Katniss Everdeen est rentrée chez elle saine et sauve après avoir remporté la 74e édition des Hunger Games avec son partenaire Peeta Mellark. Puisqu’ils ont gagné, ils sont obligés de laisser une fois de plus leur famille et leurs amis pour partir faire la Tournée de la victoire dans tous les districts. Au fil de son voyage, Katniss sent que la révolte gronde, mais le Capitole exerce toujours un contrôle absolu sur les districts tandis que le Président Snow prépare la 75e édition des Hunger Games, les Jeux de l’Expiation – une compétition qui pourrait changer Panem à jamais…

Hunger Games 2 Embrasement

Une variante de l’affiche que vous voyez partout !

Hunger Games, premier du nom, avait coûté la bagatelle de 78 millions de dollars (une misère pour un blockbuster selon les standards habituels) pour en rapporter 691 lors de sa sortie, établissant alors plusieurs records. Adaptation de la trilogie pour adolescents de Suzanne Collins, qui veille d’ailleurs aux adaptations sur grand écran, Hunger Games a le mérite d’aborder des thèmes plus adultes que les teenage movies auxquels nous sommes habitués depuis Harry Potter et Twilight. Là où le premier posait un contexte pour se concentrer sur les personnages, leur psychologie, leurs peurs et l’urgence de leur situation, Hunger Games : L’Embrasement inverse la mécanique. Du moins dans sa première partie.

Hunfger Games 2 Embrasement

Jennifer Lawrence est encore une fois excellente à l’écran. Mais elle vient de se fiancer. Tristesse.

Comme dans le livre, ce deuxième opus, après “l’introduction” que représentait le premier film, aborde les vrais thèmes de la saga : Comment une société oppressée trouve en Katniss Everdeen un symbole d’espoir dans sa lutte contre un état totalitaire. Francis Lawrence (rien à voir avec Jennifer), réalisateur efficace de studio (Constantine, Je suis une légende) impose une réalisation plus classique que celle de Gary Ross. Ce qui lui permet dans la première partie du film de prendre le temps de nous faire découvrir le monde de Panem, dont nous n’avions au final vu qu’un district sur 12 et la capitale. On explore alors un monde au bord de l’explosion, dont l’équilibre précaire est maintenu par une armée violente et omniprésente, et où les Jeux de la faim (les fameux Hunger Games) prennent les enfants du peuple en otage, assurant au fil des ans une paix illusoire très chèrement payée.

Le film, rançon du succès, est doté d’un budget bien plus confortable (130 millions de dollars), et cela se voit. Là où les districts traversés puent la crassent et la famine, on retrouve un Capitole roccoco, multicolore, clinquant et plus réussi que dans le premier, où le style vestimentaire de ses habitants frisait le ridicule. D’immenses réceptions à l’opulance gerbante (clin d’oeil à l’un des passages du film) en grands messes télévisées tournant autour de Katniss et Peeta, les vainqueurs inattendus des derniers jeux, Panem est bien plus effrayante que ce qu’on en a vu jusqu’à présent. A l’image de son Président Snow, être abjecte, vil et machiavélique, qui fera tout pour défendre l’ordre qu’il a imposé à son pays.

Hunger Games 2 critics

Une critique de la télé-réalité se cache dans cette image, sauras-tu la retrouver ?

Jennifer Lawrence reprend son difficile rôle de symbole, une Katniss caractérielle et complètement perdue, qui se retrouve au centre des attentions alors qu’elle n’a rien demandé à personne. Comme toujours, elle embrase la pellicule, et porte beaucoup le film sur ses épaules. Le reste du casting du premier ne démérite pourtant pas, chacun des personnages (Peeta/Josh Hutcherson, Haymitch/Woody Harrelson, Gale/Liam Hemsworth, Cinna/Lenny Kravitz, et même Effie/ Elizabeth Banks) prenant une dimension plus humaine et plus adulte. A ce titre, le film est une réussite, qui rend honneur, aux enjeux passionnants qu’offre l’oeuvre de Collins, dans les limites toutefois qu’impose l’exercice d’adapter un livre dense à l’écran (plusieurs parties du récit sont passées sous silence, quelques séquences particulièrement intéressantes de l’ouvrage n’ont pas survécues à l’adaptation sur grand écran).

C’est avec excitation que l’on retourne dans l’arène dans la deuxième partie du film. Bizarrement, ce qui faisait la force du premier opus est ici moins probant. Si filmer de manière plus lisse est un avantage dans l’illustration politique d’un monde à la dérive, la réalisation pêche un peu plus dans l’action pure. Ne nous méprenons pas, le suspense, l’angoisse et la tension sont bien présents dans le combat à mort que se livrent les nouveaux tributs. Mais le rythme est plus haché, la fluidité du récit perturbée par des coupes un peu trop voyantes dans le script d’origine, et les ficelles de l’intrigue légèrement trop épaisses pour que l’on prenne autant de plaisir sur l’île tropicale ici parcourue que l’on en avait dans la forêt vallonée du premier épisode.

Hunger Games 2 Finnick Odair

Finnick Odair (Sam Calfin), un nouveau personnage particulièrement intéressant (pas que pour son physique avantageux mesdames).

C’est bien la seule (petite) lacune que rencontre cet Hunger Games 2. Car les nouveaux personnages sont tous particulièrement bien castés, tant que l’on regrette que des protagonistes de second plan (en particulier les “carrières” qu’affrontent les héros dans l’arène) ne soient pas plus développés. Qu’importe, le film est une réussite, bien interprété et au final suffisamment rythmé et bien monté pour que l’on sorte de là en ayant le sentiment d’avoir assisté à un très bon divertissement, qui n’oublie pas de poser une réflexion solide et construite sur le totalitarisme politique et l’importance des images (en particulier de la télé-réalité) dans une société malmenée et qui ne tardera pas à se soulever.

En n’oubliant pas qui est l’ennemi (ici en l’occurrence la saga guimauve et faussement psychologique Twilight), Hunger Games 2 se démarque et s’assure un succès qui, à la vue des premiers chiffres de sa sortie aux Etats-Unis (meilleur démarrage pour un film sorti au mois de Novembre, avec plus de 160 millions de dollars de recettes, donc en ayant remboursé le coût de production en mois de 3 jours), pourrait allègrement dépasser le score du premier. C’est mérité.

Hunger Games 2 : L’Embrasement
De Francis Lawrence
Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Lenny Kravitz, Elizabeth Banks, Donald Sutherland, Philip Seymour Hoffman, Stanley Tucci
Sortie le 27 Novembre 2013
Distribué par Metropolitan

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