Il faut sauver le Capitaine Phillips

Capitaine Phillips retrace l’histoire vraie de la prise d’otages du navire de marine marchande américain Maersk Alabama, menée en 2009 par des pirates somaliens. La relation qui s’instaure entre le capitaine Richard Phillips, commandant du bateau, et Muse, le chef des pirates somaliens qui le prend en otage, est au cœur du récit. Les deux hommes sont inévitablement amenés à s’affronter lorsque Muse et son équipe s’attaquent au navire désarmé de Phillips. À plus de 230 kilomètres des côtes somaliennes, les deux camps vont se retrouver à la merci de forces qui les dépassent…

Capitain Phillips

L’affiche du film

Paul Greengrass aime les transports. Après les courses poursuites en voiture dans les deux premiers Jason Bourne et un avion dans Vol 93, le réalisateur britannique s’attaque à la mer. Et pas à la légère puisque l’action de son film se passe dans un cargo américain, chargé de convoyer sa marchandise le long des côtes de la Somalie, zone infestée de pirates désespérés.

En 2004, Greengrass avait sinon révolutionné, du moins fortement remit à neuf les codes du film d’action avec le premier Jason Bourne. Sa caméra, nerveuse et fluide, collait au plus près d’une action réaliste, loin des explosions gratuites et combats invraisemblables qui avaient parsemés la décennie 90/2000 (merci au James Bond de Pierce Brosnan).

Venu du documentaire, Greengrass a dans toute sa filmographie souvent cherché à filmer de façon réaliste des évènements s’étant vraiment déroulés (Sunday Bloody Sunday, Vol 93 en particulier). Avec Capitaine Philips, il met en scène le genre d’histoire qui, lue dans les journaux, nous ferait nous dire “ahlala, on dirait le scénario d’un film !

Capitaine Phillips

Le très impressionnant acteur d’origine Somalienne Barkhad Abdi

Et en effet, ici tout semble sorti tout droit d’un film : une attaque de pirate, un capitaine courageux, héroïque même (en américain, cela se traduit par “je n’ai fait que mon devoir”), l’intervention de la Navy, les motivations des pirates, etc.. Impressionnant déjà sur le papier, mais surtout mis en scène avec maestria par Greegrass, le resultat est bluffant!

En quelques plans d’ouverture, il nous dresse le point de départ de cette histoire : des pécheurs Somaliens sans le sous, parce que leurs poissons sont péchés par les occidentaux, forcés par des Seigneurs de Guerre d’aborder des navires de plusieurs milliers de tonnes à l’aide de simples barques à moteurs et de Kalachnikov. De l’autre côté de la passerelle, un équipage qui travaille dur, mené par un capitaine expérimenté. Des personnages normaux qui se retrouvent dans une situation anormale, explosive.

Capitaine Phillips

Tom Hanks regarde à l’horizon, des fois qu’il verrait un Oscar s’approcher

Cette rapide mais efficace introduction passée, le film se découpe en deux parties distinctes (pour ceux qui n’ont pas vu la bande-annonce, attention spoilers) la première moitié est un film d’assaut dans le cargo, le suspense étant porté par l’action. La seconde partie tourne au duel entre le capitaine et les Somaliens, qui le prennent en otage dans le bateau de survie du porte-container. Là, la tension extrême et le suspense sont portés par les dialogues et par les acteurs.

Car si la mise en scène joue un grand rôle dans l’angoisse que l’on peut parvenir à ressentir pendant le film, le film ne serait rien sans un casting de qualité. Et là, Greengrass a joué le coup. TOUS les personnages semblent authentiques : les marins, les soldats et surtout les pirates, incroyables de vérité et de détermination resignée. Le réalisateur britannique a fait appel a des Somaliens installés aux Etats-Unis. Les os saillants, la peau noire foncé, les yeux, immenses et blancs, qui fixent leur interlocuteur.. leur présence est incroyable, en particulier celle de leur leader, interpreté par Barkhad Abdi. Il parvient à tenir tête à Tom Hanks, c’est dire s’il a du talent !

Tom Hanks d’ailleurs, trouvera probablement une nouvelle nomination à l’Oscar dans ce rôle, qu’il habite. Parfait Américain moyen, son physique bedonnant contraste avec sa volonté de fer, porté par une foi en l’Amérique et ses valeurs, ainsi qu’en ses responsabilités en tant que capitaine, qui lui font prendre des décisions héroïques. Dans la deuxième moitié du film, l’acteur se sublime, nous offrant une performance que l’on avait pas vu à l’écran depuis longtemps..

Une oeuvre à couper le souffle donc, un suspense comme on en avait pas vu depuis longtemps (bon ok depuis Gravity, mais pas pour les même raisons). Utilisée comme argument marketing de nombreux films pour toucher le public, on aura jamais fait plus honneur à la mention “inspiré d’une histoire vraie”.

Capitaine Phillips
De Paul Greengrass
Avec Tom Hanks, Barkhad Abdi, Catherine Keener
Sortie le 20 novembre 2013
Distribué par Sony Pictures Releasing France

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