En Solitaire, Thalassa sur grand écran

Yann Kermadec voit son rêve se réaliser quand il remplace au pied levé, son ami Franck Drevil, au départ du Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire. Habité par une farouche volonté de gagner, alors qu’il est en pleine course, la découverte à son bord d’un jeune passager va tout remettre en cause.

En solitaire, Christophe Offenstein

En Solitaire, l’affiche du film

Christophe Offenstein, directeur de la photo attitré, entre autre, de Guillaume Canet (Blood Ties, Les Petits Mouchoirs, Ne le dis à personne ), passe derrière la caméra pour ce premier film ambitieux. Quelques semaines avant All is Lost, l’autre film de marin en solitaire de l’année, avec Robert Redford, nous voici plongé dans une avanture au milieu des océans.
L’homme et la mer
La crainte légitime du premier film d’un technicien de l’image est d’en prendre plein les mirettes, mais aux dépens d’une histoire mal écrite, mal jouée et mal articulée..
Pour le premier point,  Offenstein ne s’est en plus pas contenté d’assurer le job. Il a décidé de mettre au défi toute l’équipe du tournage (pour une petite immersion, le carnet de bord du tournage est ici), en passant la moitié de son film en mer, dans un vrai bateau, avec de la vraie eau et du vrai vent. Oui oui, il n’a peur de rien. Il réussit donc à mettre en boîte de superbes images, tant sous le soleil  qu’en pleine tempête. C’est là le principal intérêt du film.
En Solitaire

Un marin d’eau salée

En ce qui concerne le jeu et l’écriture, il y a plus de choses à dire. Evacuons d’abord le casting : être un ami de Guillaume Canet et avoir trainé sa caméra, avec talent, sur les plateaux des meilleurs réalisateurs français peut aider à se constituer une équipe de choix. C’est donc logiquement que les seconds et troisièmes rôles sont solidement assurés. Guillaume Canet donc, qui joue l’ami skipper blessé juste avant le départ, tanguant entre la frustration de ne plus être au centre des attentions et la fidelité envers son second de toujours. Virginie Efira incarne avec son naturel habituel la soeur du blessé et l’amoureuse du skipper, qui affronte le foudres de la fille de son compagnon (Dana Prigent, mignonne tout plein), laissée seule à la maison avec elle. Jean-Paul Rouve est l’anecdotique mais drôle adversaire de Kermadec sur les mers. Eux ne posent pas de problèmes.
N’en pose évidemment pas non plus François Cluzet, qui en se laissant pousser un peu de barbes et les cheveux incarne physiquement le vieux loup de mer. Son phrasé caractériel et ses sourires discrets en font un marin breton parfait.
Les choses se gâtent avec le jeune Samy Seghir qui, admettons le, n’hérite pas du meilleur des rôles. Jeune immigré Mauritanien qui s’embarque sur le navire de course de Kermadec, son personnage ne s’exprime pas beaucoup, et ne lui laisse donc la possibilité de ne jouer que trois choses : la peur, la colère, et quelques sourires timides. Pas de conclusions hâtives donc, on imagine que l’avenir lui laissera l’occasion de faire ses preuves.
En solitaire

Le décor principal du film. Un gros gros travail de l’équipe de tournage a été fait et, exploit, personne ne s’est noyé !

Si le récit va et vient sans trop de problèmes entre la course, ses imprévus et la vie au bercail, la relation entre le marin et son passager clandestin est plus difficile à prendre au sérieux. On aurait aimé que le réalisateur, par ailleurs auteur du scénario, attaque plus frontalement ses personnages. Dommage, car c’est bien le seul vrai point noir du film. Heureusement, Offenstein se repose aussi beaucoup sur ses points forts (si vous avez bien suivi, il s’agit des images et du casting). Ajoutons y une bonne bande originale, parsemée de morceau de rock qui ont dû, pour certains, faire gonfler considérablement le budget final du film.

Au final un film qui ravira les nombreux fans de voile et de François Cluzet, qui y trouveront une morale de fin qui colle parfaitement à l’image que l’on se fait des marins solitaires: des hommes, des vrais, mais pour qui l’important ne tient pas toujours au duel qui les oppose à l’océan. Offenstein réussi le passage de son premier film, en montrant une rigueur dans le travail qui laisse présager, avec un scénario un peu plus fouillé, une suite de carrière que nous suivront avec interêt.


En Solitaire
De Christophe Offenstein
Avec François Cluzet, Samy Seghir, Guillaume Canet, Virginie Efira, Jean-Paul Rouve
Sortie le 6 novembre 2013
Distribué par Gaumont Distribution

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