L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet. Rien à ajouter.

Jean-Pierre Jeunet est un habitué des nominations et des récompenses aux César (Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Un Long Dimanche de Fiançaille). Pour son dernier film, seul l’aspect technique de son film a été reconnu. C’est bien légitime, car le bonhomme est un génie des ambiances et des costumes. Dans nos pronostics, il remporte donc le prix des meilleurs décors.

La Cérémonie des César 2014 sera diffusée en clair sur Canal+ le 28 février. Vous pouvez faire vos pronostics et suivre le buzz des films sur les réseaux sociaux sur le site de la chaîne.

Isabelle Adjani pour les césar 2014

Isabelle Adjani pour les césar 2014



T.S. Spivet, vit dans un ranch isolé du Montana avec ses parents, sa soeur Gracie et son frère Layton. Petit garçon surdoué et passionné de science, il a inventé la machine à mouvement perpétuel, ce qui lui vaut de recevoir le très prestigieux prix Baird du Musée Smithsonian de Washington. Sans rien dire à sa famille, il part, seul, chercher sa récompense et traverse les Etats-Unis sur un train de marchandises. Mais personne là-bas n’imagine que l’heureux lauréat n’a que dix ans et qu’il porte un bien lourd secret…

Spivet movie Jeunet

L’affiche du Film

C’est étonnant, mais pour la première fois, Jean-Pierre Jeunet réalise un film destiné aux enfants. Attention, Amélie Poulain et Micmacs à Tire-Larigot pouvaient largement être apprécié par nos bambins, mais ils n’étaient pas destinés à ce public au premier abord. Et ne parlons pas de la Cité des Enfants Perdus, qui n’avait de lien avec les enfants que dans son titre et son thème : emmenez votre fiston de 6 ans voir ce film, et vous serez obligé de le faire dormir dans votre lit pendant un mois.
T.S. Spivet a donc pour héros un enfant, ce jeune génie plus mûr que les adultes. Le voyage qu’il effectue à travers les Etats-Unis pour aller recevoir son prix est l’occasion d’une traversée de son imaginaire, riche, qui dans le livre d’origine du jeune auteur Américain Reif Larsen, était représenté par des dizaines de schémas complexes, drôles, touchants, et dignes d’un Michel Gondry de 10 ans.
TS Spivet movie

Un exemple d’illustration du livre original : le mode d’emploi.

Si on imagine effectivement le réalisateur de l’Ecume des jours capable d’adapter ce livre étonnant à l’écran, en parvenant à traduire en images mouvantes la qualité des dessins statiques, on imagine mal un autre que Jeunet parvenant à montrer avec tant de pudeur les relations entre ce petit garçon et sa famille, complexes et étonnamment adultes pour un film que l’on destine aux plus jeunes.

Nous éviterons de spoiler l’un des éléments clés du récit, mais sachez que le film est un mélange d’une rare subtilité de beauté des images, d’humour et d’émotion. A ce titre, les scènes de fin ne manqueront probablement pas de vous arracher deux ou trois larmichettes.
Ce qui a fait la réputation de Jean-Pierre Jeunet, c’est bien sur sa capacité à donner une personnalité aux images, aux couleurs, aux décors et aux costumes de son film. Bien que le film soit tourné en Anglais sur le continent Américain, il s’est entouré encore une fois de la quasi-intégralité de son équipe technique habituelle. Libéré des contraintes matérielles, il a pu se concentrer sur les personnages, l’autre force de ce film.
Spivet Family

La Famille Spivet au grand complet

La famille Spivet est haute en couleur : le frère est un petit garçon qui aime jouer au grand air, la soeur se rêve en mannequin, tandis que le père est un cow boy né un siècle trop tard. Helena Bonham Carter, madame Tim Burton à la ville, a quant à elle rarement été aussi fraiche et naturelle à l’écran : la mère de T.S. étudie, collecte et classe les insectes dans son grenier. Toute cette smala, qui n’a a priori pas grand chose à voir ensemble, fonctionne très bien, Jeunet s’attachant comme il en a le talent à nous présenter ses personnages via le prisme de leurs petits travers et plaisirs coupables. Rares sont les réalisateurs qui parviennent à nous faire ressentir la sécurité et la chaleur d’un foyer comme lui.
Le film repose beaucoup sur les petites mais solides (il a été trois fois champion du monde d’Arts Martiaux)  épaules du jeune Kyle Catlett . Très pro, le garçon de 10 ans fait  bien le travail, même s’il a parfois tendance à quelque peu surjouer l’émotion. Autre limite, Jeunet tombe parfois dans la caricature lorsqu’il aborde des personnages secondaires (le flic, la directrice du musée). C’est la règle dans un film qui s’adresse aux plus jeunes, mais c’est justement parce que l’on sait ce dont est capable le réalisateur d’Amélie Poulain que l’on est en droit de le noter.

Ces petites limites n’enlèvent pas grand chose au plaisir que l’on prend à faire ce voyage, à se promener à travers une Amérique grandiose et urbaine. Conteur et maître des belles images, Jeunet nous offre un joli film, à voir absolument avec vos enfants.

L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet
De Jean-Pierre Jeunet
Avec Kyle Catlett, Helena Bonham Carter
Sortie le 16 octobre
Distribué par Gaumont Distribution

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2 réflexions sur “L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet. Rien à ajouter.

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