Les Millers, une famille formidable

David Burke est un dealer à la petite semaine qui se contente de vendre sa marchandise à des chefs cuisiniers et des mamans accompagnant leurs fils au football, mais pas à des ados – car, au fond, il a quand même des principes ! Alors que tout devrait se passer au mieux pour lui, les ennuis s’accumulent… Préférant garder profil bas pour des raisons évidentes, David comprend, à son corps défendant, qu’on peut subir la pire injustice même lorsqu’on est animé des meilleures intentions : tentant de venir en aide à des jeunes du quartier, il se fait agresser par trois voyous qui lui volent sa marchandise et son argent. Il se retrouve dans une situation des plus délicates puisqu’il doit désormais rembourser son fournisseur, Brad. Afin d’éponger sa dette – et rester en vie –, David n’a d’autre choix que de jouer dans la cour des grands en se rendant au Mexique pour ramener une importante cargaison de drogue à Brad. Réussissant à convaincre ses voisins – Rose, une strip-teaseuse cynique, Kenny, qui aimerait bien tester la marchandise et Casey, une ado débrouillarde couverte de tatouages et de piercings – de lui venir en aide, il met au point un plan censé être infaillible : avec ses complices qu’il fait passer pour sa femme et ses deux grands enfants, il met le cap sur le Mexique au volant d’un camping-car flambant neuf le jour de la fête nationale. Ce week-end risque bien d’être explosif…

Les Millers poster

Les Millers – L’affiche Française

Une drôle de comédie

Hollywood s’est fait depuis des années une spécialité de créer des comédies reposant sur un pitch de départ très simple, autour duquel les scénaristes ajoutent, tels des legos autour d’un château, des éléments plus ou moins drôles, plus ou moins osés, et jouant sur plus ou moins les mêmes mécanismes avec, en général, un résultat qui s’oublie aussi vite qu’il a été teléch… regardé. On retrouve d’ailleurs souvent dans ces films les mêmes acteurs, un peu les Franck Dubosc et Gad Elmaleh Américains, qui prennent généralement pour cible l’américain moyen, soit un quarantenaire middle-class au costume à 99,00$ (cravate et chaussures compris) qui bosse dans un bureau. Un clin d’oeil malin est d’ailleurs fait à ce monsieur dans le film.
Ainsi, « Deux amis que tout oppose se retrouvent dans la peau l’un de l’autre » (« Echange Standard« , avec Ryan Reynolds et Jason Bateman). « Trois amis décident de se débarrasser de leur patron respectif, qui leur fait vivre un enfer » (« Comment tuer son boss ? », avec Jason Bateman, Jennifer Aniston et Jason Sudeikis), ou « Une femme de caractère vole l’identité d’un homme, qui n’avait vraiment pas besoin de ça. » (« Arnaque à la carte », avec Jason Bateman et Melissa McCarthy). Vous l’aurez compris, Jason Bateman est la star de ces comédies gentiment drôles et conventionnellement provocantes.

The Millers, a family

Une famille formidable vous dit-on

Classique… et pourtant.

Le pitch ici ne détonne pas spécialement : « Un dealer de drogue s’entoure d’ une fausse famille modèle pour pouvoir traverser la frontière Mexicaine avec un chargement de drogue. ».
Les éléments pioché dans la petite valise à idées des scénaristes restent eux aussi classiques : les membres de cette familles sont tous des « losers » : une effeuilleuse bon marché (comme nos cousins du Québec manquerons pas de traduire la VO de « cheap stripper »), un jeune Candide volontaire et un peu niais, prêt à tout pour rendre service à son prochain, et une fugueuse punk à moitié clocharde au caractère bien affirmé. Le tout autour d’un quarantenaire pépère dealer de drogue.

Les mécanismes centraux sur lesquels le film reposent sont bien évidemment le décalage entre cette pseudo famille WASP modèle et les situations dans lesquels le convoyage de deux tonnes d’herbes à travers la frontière entre les États-Unis et le Mexique pourrait amener tout un chacun. Ainsi qu’un comique de situation jouant sur les caractères des protagonistes. Sur ce, poussez de temps à autre le curseur « trash » dans la zone orange foncé, ajoutez un vrai talent d’écriture de personnages, une once de conformisme (finalement les losers ne le sont pas du tout lorsqu’ils sont ensemble), une scène sexy, exploitée lors de la promo du film, et des seconds rôles solides et vous aurez la recette de ce film. Et qui fera Des Millers est une comédie qui est au-dessus du lot habituel.

Jennifer Aniston, the Millers

« Non, je ne serre pas les abdos »

Un toboggan de bon (mauvais) gout

S’il met un certain temps à démarrer, histoire de montrer que tous les personnages ont l’air heureux d’être seuls-mais-en-fait-ils-cherchent-une-famille, on entre dans le vif du sujet dès que nous retrouvons nos héros grimés en famille modèle et qu’ils prennent la route.
UNe bonne moitié de la qualité de ce film repose sur les épaules du casting, très malin. Si Jason Sudeikis, le moins drôle des membres du Saturday Night Live, parvient à donner un peu d’épaisseur à un rôle principal surtout là pour faire le lien entre les situations et les autres protagonistes, il faut avouer que le reste de la famille assure. Jennifer Aniston, qui n’a jamais vraiment réussi à percer au-delà de la comédie sympathique, se jette à l’eau et nous offre autant ses formes qu’un vocabulaire grossier, elle qui s’acharnait depuis Friends et sa séparation d’avec Brad Pitt à incarner la petite fiancée de l’Amérique (elle fait des pubs pour l’eau minérale aux Etats-Unis, c’est dire). Cela lui va bien, même si on ne la sent pas toujours à son aise avec l’exercice. Emma Roberts, la nièce de, est juste comme il faut dans son rôle d’ado rebelle au caractère fort, mais qui malgré tout cache un petit cœur qui palpite. On s’arrêtera surtout sur la performance du jeune Will Poulter, qui incarne le fiston Kenny. Il joue avec un talent confondant cette espèce de modèle du mec gentil, outrancieusement serviable, dont le respect de l’autre l’empêche de vivre une vie normale.Et de perdre sa virginité. Ses grands yeux, son sourire idiot et son corps dégingandé en font la surprise du film, lui qui se retrouve dans les pires situations.

Kenny Miller

Kenny Miller, un nouveau venu, hilarant.

Là ou les Millers se démarque nettement de la masse de comédies auxquelles nous avons droit dans l’année, c’est par sa grande maîtrise de l’humour trash, bonne deuxième grande qualité de ce film. Du comique de bas étage, mais amené avec un tel naturel dans l’histoire, pris au sérieux comme n’importe quel rebondissement du film, qu’on frôle parfois le brillant. Voir pour cela l’histoire de la fellation et du flic Mexicain, hilarant. Vous nous connaissez chez Cinemoustache, nous n’aimons pas vous spoiler les films.
Ajoutez d’excellentes répliques et des personnages secondaires solides (Ed Helms, le Stu de Very Bad Trip, Tomer Sisley (!), aka Largo Winch, ou encore Luis Guzman, le second rôle mexicain le plus connu après Danny Trejo), et vous avez là de quoi passer un excellent moment. Surtout que le film réussi la gageure de se terminer sur une note nettement plus conformiste qui au final était ce que l’on attendait, tant nous nous sommes attaché aux personnages.

Aussi, faîtes-nous confiance, si vous recherchez un film pas compliqué, avec des visages familiers, plus drôle que la moyenne, et au final touchant, allez voir ce film.

Les Millers, une famille en herbe (dites-vous que des gens sont payés pour trouver les titres en Français)
De Rawson Marshall Thurber
Avec Jason Sudeikis, Jennifer Aniston, Emma Roberts, Will Poulter, Tomer Sisley
Sortie le 18 Septembre
Distribué par Warner Bros.

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