World War Z, le zombie à une jambe

Gerry Lane (Brad Pitt) est un ancien enquêteur de terrain des Nations-Unies qui a choisit de quitter ses activités pour s’occuper de sa femme et de ses deux filles. Un matin comme les autres, la famille se retrouve au coeur d’une panique généralisée, premier signe d’une catastrophe mondiale. Un virus mystérieux transforme les vivants en morts voraces et dont la morsure vous transforme immédiatement en zombie. Gerry n’a pas d’autre choix que de s’engager pour tenter de remonter à l’origine du mal, et trouver un antidote..

World War Z Poster

L’un des nombreux poster de World War Z

Troisième gros blockbuster de l’été, après Star Trek et Man of Steel, débarque sur nos écrans World War Z . Brad Pitt va-t-il casser la baraque grâce aux zombies ?  Nous l’avons vu, et nous vous en parlons ici.

A l’origine, un livre exceptionnel

World War Z Book

La couverture du livre de Max Brooks, que nous vous conseillons fortement d’acquérir

Vous n’avez pas tous lu le livre de Max Brooks (Fils de Mel Brooks) dont le film est tiré. Cet ouvrage, excellentissime, racontait sous un angle géopolitique et en s’attachant aux témoignages des survivants, l’apparition, la contagion, puis la rémission d’un virus mondial, en l’occurrence une épidémie de zombite aigue sur Terre, provoquant au bas mot 5 milliards de victimes. Les zombies, si vous vous êtes rendus au cinéma ces dix dernières années, vous connaissez forcément. Ici, c’est l’analyse poussée du mal et de ses conséquences sur les populations et les nations du monde entier qui faisait tout le sel du bouquin. Le potentiel d’adaptation à l’écran était évident, bien que l’on aurait plutôt songé à une série d’une dizaine d’épisode plutôt qu’à une trilogie au cinéma. Mais bon, les droits ont été rachetés et c’est la Warner qui s’y est collée.

Un film d’action avant tout

Les bandes annonces étaient plutôt claires sur la question : le film ne s’inspire que librement du livre. Les scénaristes n’ont donc gardé que l’ossature large de la trame, à savoir une épidémie mystérieuse et qui se répand comme une traînée de poudre sur la planète, laissant complètement au dépourvu jusqu’à la plus puissante des nations, les Etats-Unis d’Amérique. Plutôt que de multiplier les points de vus de ceux qui ont combattu le mal, comme c’est le cas dans l’œuvre de Brooks, on fait ici reposer le fil narratif sur les épaules, solides il est vrai, de Brad Pitt, enquêteur spéciale de l’ONU, qui a roulé sa bosse dans les plus grands conflits mondiaux ces vingt dernières années. Il aura pour mission de retrouver le « patient zéro », celui par lequel l’épidémie a commencé, afin de tenter de lui trouver un remède, et avant, si possible, que le genre humain ne disparaisse.

World War Z Brad Pitt

« -Allo Brad, est-ce que ça te dit de castagner des zombies? – Ok, j’irais chez le coiffeur plus tard »

Le film, en plus de modifier de larges pans de l’histoire pour en faire un récit linéaire et chronologique, et non éclaté, fait le parie d’une forte plus-value visuelle. En cela, Marc Forster, le réalisateur (pour son deuxième blockbuster, après la raté Quantum of Solace) nous offre des zombies jusque-là jamais vus. Ce sont littéralement des hordes de morts-vivants, courant comme des dératés (comme dans 28 Jours Plus Tard), et surtout évoluant en masse qui assiègent les derniers bastions humains. De véritables marées de morts, tellement affamés qu’ils se grimpent les uns sur les autres, formant de gigantesques échelles de corps qui leur permettent d’atteindre le sommet de forteresses ou de gratte-ciel. Rarement on a ressenti ce sentiment d’urgence face à un ennemi qui s’apparente plus à un Tsunami qu’à une sorte de chaussette errante, surtout que Brad Pitt enchaîne les déconvenues et se retrouve au cœur des pires batailles. Malgré une caméra régulièrement victime de tremblote prononcée (récurrence dans le cinéma à effets spéciaux ces dernières années, cc Michael Bay et JJ Abrams), et des images de synthèse qui laissent parfois à désirer, on apprécie la maitrise de ces scènes et leur ambition visuelle (vous allez manger votre chapeau lorsque l’équipe débarque à Jerusalem).

World War Z Zombie

Les Zombies, cette espèce pour qui la solidarité n’est pas un vain mot : concours de courte-echelle.

Un scenario timbre-poste

On ne demande pas au film de nous offrir un scénario primé au festival de Cannes, alors que nous attendons tous la même chose : des zombies, de l’action et pas un moment de temps mort. Mais faut pas pousser mémé dans les orties, les scénaristes (dont Damon Lindelof, responsable de Lost, Prometheus, mais aussi Cowboys & Aliens) auraient pu s’appliquer un poil plus. Parce qu’en dehors de l’action (rassurez-vous, Brad mets des coups de boules aux morts-vivants 75% du film), on s’ennuie ferme. On est même agacé de trouver une banale et ennuyeuse histoire de famille-qui-me-manque-mais-j’ai-pas-le-choix-je-dois-sauver-le-monde polluer notre ballade au milieu des morts. Il ne faut pas les voir plus de 5 minutes à l’écran pour avoir envie de jeter par la fenêtre les deux petites filles de Gerry Lane , dont une bien sûr est asthmatique, et l’autre promet une crise d’adolescence préoccupante. Mme Lane met un peu plus de temps à nous agacer, en fait jusqu’au moment où ses larmichettes et sa bouche crispée (probablement les deux seules qualifications necessaires pour avoir le rôle) viennent perturber le sérieux que son époux investit dans son travail (qui consiste à , je le rappelle, trucider des créatures qui en veulent à votre intégrité physique).
Merci donc messieurs de faire un choix clair : soit une histoire de famille un peu plus originale que celle-ci, soit pas d’histoire de famille du tout, et juste du dézinguage généreux pendant deux heures. Surtout que le matériau que Max Brooks mettait à votre disposition était plus que conséquent.

World War Z picture

Plus effrayant que les hordes de zombies : la famille relou de Gerry Lane.

Le film a connu moult péripéties lors de son tournage : retards, scènes à re-tourner, mésentente entre le réalisateur et sa star-producteur.. Alors que l’on parlait au départ d’une trilogie, peu à peu le film s’est résumé à lui-même, entretenant le flou quant à la possibilité de revoir des nuées de morts foncer sur les vivants. A priori, l’excellent démarrage du film (66 millions de dollars à l’ouverture en Amérique du Nord, meilleur démarrage domestique depuis Avatar) lui assure au moins une suite.
Mais le problème qu’a posé cette incertitude se ressent beaucoup sur la fin du film. On clôt l’histoire ? On laisse entendre qu’une suite viendra ? On le dit clairement ? Forster (même si la décision est probablement plus le fait producteurs) tente les trois, réussissant parfaitement à nous laisser sur notre faim, mais terminant son histoire sans vraiment fermer le cercle.. C’est d’ailleurs le dernier acte du film qui a dû être réecrit et re-tourné.

On ressort donc du film ravi d’avoir vu une réinvention du film de zombie, avec des idées et des scènes originales, mais déçus d’avoir vu un film mal écrit, à la mise en scène mi-efficace, mi- brouillonne, et dont on aurait espéré qu’elle joue à fond la carte de la claque visuelle. On regrette également certains des choix scénaristiques faits, alors que le livre de Max Brooks, bien qu’inadaptable en tant que tel, portait en lui de phénoménales idées.. Peut-être pour l’épisode 2 ?

World War Z
De Marc Forster
Avec Brad Pitt (les autres ne servent à rien)
Actuellement sur les écrans
Distribué par Warner Bros

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Une réflexion sur “World War Z, le zombie à une jambe

  1. Ping: Godzilla, le film indé à 160 millions de dollars ! | cinemoustache

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