After Earth – Sans grand interêt

Après un atterrissage forcé, Kitai Raige et son père, Cypher, se retrouvent sur Terre, mille ans après que l’humanité a été obligée d’évacuer la planète, chassée par des événements cataclysmiques. Cypher est grièvement blessé, et Kitai s’engage dans un périple à haut risque pour signaler leur présence et demander de l’aide. Il va explorer des lieux inconnus, affronter les espèces animales qui ont évolué et dominent à présent la planète, et combattre une créature extraterrestre redoutable qui s’est échappée au moment du crash.
Pour avoir une chance de rentrer chez eux, père et fils vont devoir apprendre à œuvrer ensemble et à se faire confiance…

after earth poster

L’un des visuels du film

After Earth signe un double retour. D’un côté M. Night Shyamalan, réalisateur qualifié de prodige dès la sortie de son troisième et meilleur film, Sixième Sens, mais qui s’est perdu dans les méandres de productions de moindre calibre par la suite. De l’autre, Will Smith, qui embarque son fiston, Jaiden, dans une  aventure  SF sur une Terre abandonnée pleine de danger. Le premier parviendra-t-il à surfer sur l’aura du second, qui enchaine tranquillement les succès depuis plus d’une décennie ?

Un film gagnant-gagnant

M. Night Shyamalan After Earth

Michael Jackson 1983 + Patrick Bruel = M. Night Shyamalan

Revenons sur les forces en présence. Shyamalan d’abord, réalisateur très doué, aux thèmes forts. Dans ses films, un récit généralement fantastique se double toujours d’une intrigue centrée sur le noyau familial, que ce soit autour d’un couple en crise dans Incassable et Phénomènes, ou d’un deuil difficile à accepter dans Sixième Sens et Signes. La mort, la foi , la présence d’une Nature forte et dangereuse sont autant de fils rouge que l’on retrouve dans sa filmographie.
Adulé par la critique après trois films aux succès publics relativement importants (Sixième Sens donc, Incassable et Signes, à eux trois presque 1,3 milliard de recettes au box-office), le réalisateur se perd ensuite dans des scénarios osés (La Jeune Fille de l’Eau), des intrigues molles (Le Village) ou tout simplement des mécanismes narratifs aberrants d’invraisemblance (les herbes tueuses de Phénomènes, si mal exploitées que le film en est ridicule). Les twists finaux inattendus  dont il s’est fait le spécialiste ne sauvent pas des histoires sur lesquelles se déchirent critique et public : le dernier Maître de l’Air, son dernier film considéré par beaucoup comme le pire (pour nous ça restera Phénomènes) a quand même rapporté plus de 300 millions de dollars au BO. Pourtant, une communauté de fans attend toujours LE film qui le fera revenir sur le devant de la scène, persuadé que le meilleur reste à venir.

Will Smith family after Earth

Will Smith, producteur, acteur, chanteur, père de famille

De son côté, Will Smith, chanteur-acteur-producteur-showman qui transforme en or tout ce qu’il touche, pose la deuxième pierre du tremplin vers Hollywood qu’il s’est donné mission d’offrir à son fils, Jaiden. L’adolescent de 14 ans a déjà remercié papa, qui lui donnait la réplique dans A la poursuite du bonheur, et qui avait produit pour lui un remake de Karaté Kid, sorti en 2010. Cette fois-ci, l’intention est affichée : Will Smith comme son personnage de militaire d’exception, Cypher Raige, chaperonne le fiston Jaiden/Katis Raige dans la jungle d’Hollywood/la Terre abandonnée depuis des siècles.

Sur le principe, les coulisses du film sont aussi intéressantes que le pitch du film. Shyamalan peut s’attaquer à une histoire où la Nature et la famille forment deux des principales clés narratives (Cypher est un père médiocre, qui travaille plus qu’il ne s’occupe de ses enfants), et porté par un acteur qui compte les recettes de ses films en dizaine voire centaines de millions de dollars. Et Smith trouve enfin un rôle aux enjeux solides pour sa progéniture, ainsi qu’un réalisateur qui doit refaire ses preuves auprès des studios, et surtout du public, après un  Dernier Maître de l’Air  décevant, et qui s’investira donc pleinement dans le projet.

After Earth Will Smith Shyamalan

De belles images, mais qu’est-ce que qu’on s’ennuie!!

Beau mais raplapla

Shyamalan est également un maître dans la création d’ambiance dans ses films. L’atmosphère lourde de Sixième Sens ou angoissante de Signes sont à mettre au crédit de son savoir-faire. Dans l’univers de science-fiction d’After Earth, il parvient à donner une identité visuelle forte à une humanité qui a dû s’exiler sur une autre planète, après avoir détruit la Terre de ses abus. Il nous offre des villes et des vaisseaux à la limite de l’organique, carcasses osseuses recouvertes de peau en plastique quasi-végétale, ainsi qu’une technologie autant marquée par la finesse de ligne que par un cachet « écolo » discret (la combinaison mutant en fonction de l’environnement où elle se trouve, des hologrammes qui semblent taillés dans la pierre). La Nature est sublime, tout en parvenant à nous paraître dangereusement silencieuse, chose qu’il avait complètement raté dans Phénomènes.

After Earth

Nous ne reviendrons pas sur la polémique accusant le film de propager une morale Scientologue. On l’aurait fait s’il était de qualité, mais là pas de risque.

Le problème du film, c’est son scénario. Car si vous regardez la bande-annonce, vous comprenez à peu près ce qu’il va arriver jusqu’à la fin : le récit est d’un classique et d’une platitude incompréhensible pour un auteur comme Shyamalan. A aucun moment on n’est surpris par l’évolution de l’histoire. A aucun moment le réalisateur ne fait l’effort d’habiller ses transitions et ses péripéties. Si bien que tout semble se dérouler sans qu’aucun relief ne vienne perturber un parcours initiatique plus que téléphoné.

Will Smith n’aide pas, en incarnant un personnage impassible du début à la fin du film. Il faut toutefois avouer qu’il parvient subtilement à provoquer quelques émois, d’un regard ou d’un geste lent. Surtout, il ne peut s’empêcher de nous faire rire discrètement, oxygène bienvenue dans un film guindé et qui se prend très au sérieux.
Jaiden lui, est en train de muer, et on ne comprend pas toujours ce qu’il dit. Il n’a pas encore le naturel et le charisme de son aîné, mais il se donne physiquement pour ses rôles, reconnaissons-le.

Un film ennuyeux, attendu, ou les scènes d’actions, peu spectaculaires, ne remplissent pas le cahier des charges que l’on est en droit d’attendre. Un scénario plat et des acteurs mous du genou n’élèvent pas l’ensemble. A ne voir que si l’été continue à se faire désirer et qu’il n’y a aucun intérêt à aller bronzer sous le soleil. Et encore ! En tous cas, ça n’est pas avec ce film que Shyamalan retrouvera grâce à nos yeux!

After Earth,
De M. Night Shyamalan
Avec Will Smith, Jaiden Smith
Distribué par Sony Pictures Releasing France
Actuellement sur les écrans

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