Journal de Cannes – Day 10

Cette année encore, nous vous ferons vivre le Festival de l’intérieur, en tenant un journal de nos aventures : les films, les rencontres, les émotions, les coups de fatigue.. Avec notre palmarès évolutif et quelques statistiques sur notre Quinzaine sur la Croisette. Plongez dans le quotidien d’un blogueur à Cannes!

Only Lovers Left Alive cannes 2013

Une montée des Marches ultra-classe pour Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch

Même en se couchant tôt, on sent que la fatigue laisse des traces. Mais c’est l’esprit plus clair que je descends vers ma dernière journée de Compétition de cette édition 2013. Le problème, c’est que les deux films présentés aujourd’hui n’auront droit chacun qu’à deux projections, une normale et la Montée des Marches, où le smoking est obligatoire et les billets plus compliquées à obtenir. Autant dire que si je ne veux pas rater La Vénus à la Fourrure de Polanski, je n’aurais que cette séance de 8h30 pour parvenir à mes fins.

File d'attente

Une partie des festivaliers que nous avons lâchement doublé

Mais la lutte est âpre, et après presque 40 minutes de quête, armé de ma fidèle pancarte demandant une invitation à ceux qui en possèdent une de trop. Avec l’ami Chroniques Canap, on finit par se rendre dans une file dernière minute remplie comme jamais elle ne l’a été. Nous doublons sans vergogne les cinephiles en place, pour rejoindre le troisième larron Cliffhanger, qui nous avait « reservé » des places. Moi qui n’ai de cesse de critiquer les gens qui passent devant les autres dans les files d’attente du Festival, me voilà à m’avilir pour faire la même chose. Que ne ferait-on pas pour l’amour du 7e Art...

Après quelques minutes d’attente, on entre en salle du Soixantième, pour le deuxième film de Roman Polanski que nous voyons sur la Croisette.

Film 22
La Vénus à la Fourrure
De Roman Polanski
Compétition Officielle

venus in fu cannes 2013

Image de la Venus à la fourrure, dont l’affiche n’est pas encore prête

Polanski revient à des thèmes qu’il adore : le huis-clos, les rapports de domination, le SM..Le réalisateur Franco-Polonais en scène sa compagne (Emmanuelle Seigner, dont toute la palette de jeu est utilisée dans une rôle très fouillé) et Mathieu Amalric, respectivement une actrice pupute qui cache bien son jeu et un auteur et metteur en scène de théâtre sûr de lui. Le scénario, tout simplement brillant de complexité et possédant plusieurs niveaux de lecture, mériterait largement un Prix. Une nouvelle œuvre de grande qualité à ajouter à une Sélection qui n’en finit plus de nous émerveiller.

On sort donc ravis de la projection. Le prochain rendez-vous est à 14h pour le Jarmusch, lui aussi projeté une seule fois hors montée des Marches, et lui aussi probablement blindé. En attendant, on traînasse, croisant des amis et des collègues au bar Nespresso du Palais (qui nous aura bien aidé à ne pas nous endormir pendant les séance en distribuant une quantité industrielle de café à tous les festivaliers accrédités). La conversation continue jusque dans les rues de la ville avec le très classe et sympathique Christophe Narbonne, journaliste à Première.
Un rapide repas dans le ventre, on repart à l’assaut pour trouver des places pour le Jim Jarmusch. C’est très difficile, mais je finis par récupérer un billet. En route pour ma dernière projection de la Sélection Officielle.

Film 23
Only Lovers Left Alive
De Jim Jarmusch
Competition Officielle

Only Lovers left alive cannes 2013

L’une des affiches (pas folle) d’Only Lovers Left Alive

De Jarmusch on aime beaucoup les ambiances planantes, les BO toujours impeccables, et les acteurs utilisés avec brio. Sa dernière création ne nous déçoit pas. Elle suit les errances d’un couple de vampire qui s’ennuie de ce monde dont ils ont tout vu au fil des siècles. Ecoeuré par l’humanité d’aujourd’hui, qui ne brille plus par son imagination et sa culture, ils trainent leur spleen, en particulier Adam, musicien de génie qui ne veut pas que ses morceaux sortent de chez lui, joué par un Tom Hiddleston (Loki dans Thor et The Avengers) qui confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Sa compagne, Eve (Tilda Swinton, toujours impeccable), essaie de lui faire apprécier la vie, les petits plaisirs du quotidien. Le film plane, voyage dans le temps et dans l’espace, et nous donne le sentiment d’avoir rencontré un couple qui, malgré des siècles de vie, aura compris que l’essentiel dans la vie, c’est de cultiver son jardin. Un moment précieux.

Ce 23e film (le 24e si on compte Gatsby, vu à Paris avant de prendre le train) est le dernier de notre programme, mis à part la Grande Bellezza que je rattraperai demain dans un cinéma de la ville. Je rejoins la Terrazza Martini en sortant de la salle, où m’attendent les amis blogueurs d’Après la Séance. Face caméra, je donne mon pronostic de la Compétition, avant d’aller m’effondrer sur la plage, aux côtés des camarades qui ne font pas les fiers non plus.
J’envisageai d’aller voir Kim Novak présenter Vertigo ce soir, mais la démotivation nous envahit tous. Après un dernier verre au soleil, on reprend tous la router vers notre chez nous, qui pour faire sa valise, qui pour travailler. Cannes c’est terminé pour beaucoup de monde. Moi, je reste encore demain, où je vais essayer de rattraper La Grande Bellezza, voir Zulu, mais surtout me trouver une place pour la Cérémonie de Clotûre !! C’est pas gagné, mais sait-on jamais, Cannes est un Festival plein de surprises !

Palmarès évolutif :

Palme d’or : La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche

(La Palme d’Or ne peut pas recevoir d’autres prix. Normalement)

Grand Prix du Jury : Le Passé, d’Asghar Farhadi

Prix de la Mise en Scène : Joel et Ethan Coen, Inside Llewyn Davis

-Prix d’Interpréation Féminine : Marina Vacht, Jeune et Jolie

-Prix d’Interpréation Masculine : Michael DouglasBehind The Candelabra

-Prix du Scénario : La Vénus à la Fourrure, de Roman Polanski

Prix du Jury : Behind The Candelabra, de Steven Soderberg

Caméra d’Or : Fruitvale Station, de Ryan Coogler.

Croûte d’or (= Film le plus mauvais) Héli, d’Amat Escalante

Statistiques Cannoises :

Films vus du jour : 2

Films vus total : 23

Soirées Cannoises : 2

Montée des Marches : 1

Critiques en retard : beaucoup

Sommeil en retard (sur une moyenne de 7h par nuit) : trop

A demain!

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Une réflexion sur “Journal de Cannes – Day 10

  1. Ping: L’amour d’un metteur en scène pour son actrice : La Vénus à la Fourrure | cinemoustache

  2. Ping: Only Lovers Left Alive, le spleen des vampires | cinemoustache

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