Journal de Cannes – Day 7

Cette année encore, nous vous ferons vivre le Festival de l’intérieur, en tenant un journal de nos aventures : les films, les rencontres, les émotions, les coups de fatigue.. Avec notre palmarès évolutif et quelques statistiques sur notre Quinzaine sur la Croisette. Plongez dans le quotidien d’un blogueur à Cannes!

Adrian Brody Christopher Waltz

Adrian et Christopher, mes voisins de siège

On se prend une petite grasse mat’ aujourd’hui, puisque ce soir on prévoit de sortir, il faut savoir doser son festival comme un petit chimiste. C’est donc la grande forme lorsque l’on arrive devant le Palais, pour récupérer une place pour Only God Forgives, le nouveau film de Nicolas Winding Refn, le réalisateur surdoué de Drive, Bronson et surtout Valhalla Rising, que nous avions adoré. On ne s’embête pas, puisque l’on parvient à récupérer du même coup une place pour le deuxième film de la Compétition du jour, Grigris, dont la montée des marches est prévue à 16h.

Film 15
Only God Forgives
De Nicolas Winding Refn
Compétition Officielle

Only God Forgives, Cannes 2013

Only God Forgives

Ceux qui ne connaissent que Drive pensent que Refn est un réalisateur de film d’action un peu arty. En fait c’est tout l’inverse : un mec assez radical qui trouve toujours moyen de sublimer la violence, du viking de Valhalla Rising, au chauffeur de Drive en passant par le volubile Bronson du film éponyme.
Son nouveau film est l’un des plus attendu du Festival puisque Ryan Gosling y tient le rôle principal, même s’il ne sera pas présent, retenu, officiellement, sur un tournage à Detroit ( la rumeur veut qu’il se soit brouillé avec le réalisateur, mais loin de nous l’idée de colporter ce genre de rumeur). Est-ce la claque annoncée?

Scott Thomas cannes 2013

Une Kristin Scott-Thomas bluffante en mère destructrice!

Non. En fait, c’est le film le plus abstrait du réalisateur. Très peu de dialogues, un Gosling encore plus mutique que dans Drive, et surtout une violence, parfois à la limite du soutenable, qui est le véritable personnage principal du film. Beaucoup de pose de la part des personnages, un onirisme affiché (on ne sait parfois pas si l’on est dans un rêve ou dans la réalité), une lumière et des cadres ultra travaillée.. bref, le film est un véritable exercice de style, pas très facile d’accès. Et qui décevra ceux qui pensait voir une œuvre accessible. Refn souligne parfois lourdement ses intentions, larguant pas mal de monde en route. D’ailleurs le film a reçu autant de sifflets que d’applaudissements lors de sa projection.

On sort un peu secoué de la projection, notamment parce que les scènes de violence sont parfois franchement dégueulasses. Mais pas le temps de trop y réfléchir, on court voir Grigris. Même si l’on ne connaît pas du tout le cinéma Africain.

Film 16
Grigris
De Mahamat-Saleh Haroun
Compétition Officielle

Grigris Cannes 2013

Grigris, le seul film Africain de la Sélection

Grigris, c’est un jeune garçon vivotant de petits jobs au Tchad. Une jambe folle, un beau-père à l’hôpital, et le voilà qu’il préféré travailler pour la mafia locale pour gagner de l’argent plutôt que continuer à faire ses shows en boîte de nuit, lui qui est un danseur talentueux. Un thriller oui, mais en Afrique. C’est un peu étrange, original, mais au final il manque quelques petites choses pour que cela soit vraiment bon. Restent le dépaysement, et les deux acteurs : Souleymane Deme, émouvant en gentil garçon dépassé par les évènements, et la sublime Anaïs Monory, jouant une prostituée qui n’est pas insensible à la douceur du jeune garçon.

Grigris Cannes 2013

Bonjour Madame!

On sort de la salle pour se rendre compte qu’il pleut de nouveau sur la Croisette, ce qui n’était absolument pas prévu. Je me cache le temps que cela se calme, puisque je suis habillé comme en plein été, et je mange un morceau. Puis je me dirige vers la Séance Spéciale du jour, la projection d’un film plus ou moins perdu de Roman Polanski, Weekend of a Champion. Le documentaire, à la base tourné par Franck Simon, suit le triple champion du monde de F1 Jackie Stewart lors du Grand Prix de Monaco en 1971. Roman Polanski, producteur du film, en a retrouvé une copie, et y a ajouté 20 minutes d’entretien avec son ami, tournées 40 ans après les évènements.

week end of a champion 1971
Jackie Stewart et Roman Polanski en 1971

On arrive donc dans la salle, on repère deux sièges réservés au nom du Jury. Quel jury se demande-t-on, puisque personne n’a a jugé une œuvre projetée en Séance Spéciale. Curieux, on s’installe avec une copine sur les deux sièges adjacents. Je pars au toilettes avant que la projection ne commence. Je croise sur mon chemin un Adrian Brody tout en costume de lin, arrivant seul et l’air tranquille à la projection du film du réalisateur du Pianiste.

Un autographe de Christopher Waltz

Un autographe de Christopher Waltz

En retournant à ma place, ma voisine me fait remarquer que quelqu’un a pris place sur l’un des sièges réservé. En effet : il s’agit de Christopher Waltz, qui a tourné dans le dernier film de Roman Polanski, Carnage. Il s’avère que mon carnet de note est un cadeau reçu aux How I Met Your Bloggers Awards, estampillé Django Unchained. Je le sors donc, et demande gentiment au membre du Jury de me le signer. Cela le fait rire de voir la couverture du carnet, et il me fait bien gentiment un autographe.

Puis, quelques minutes avant que le film ne démarre, voilà-t-y pas qu’Adrian Brody demande bien gentiment à Mr. Waltz s’il peut s’installer à côté de lui (c’est à dire de moi) pour la séance. Je note d’ailleurs que mon avis ne l’intéressait pas. Je passe donc la projection à côté de l’acteur du Pianiste, du Darjeeling Unlimited et de King Kong à côté de moi! Oui, à Cannes on peut parfois faire sa groupie!

Jackie et Roman, copains d'avant

Jackie et Roman, copains d’avant

Mais ça n’est pas terminé! Roman Polanski est présent, et il amène avec lui une tripotée de guests : Jackie Stewart of course, en pleine forme, et plusieurs pilotes de F1 célèbres, Messieurs David Coulthard, Allan McNish, tous deux Ecossais comme Stewart, l’Anglais Damon Hill, l’Autrichien Gerhard Berger. Et le Français Alain Prost. Tranquille.

Alain Prost à Cannes 2013

Alain Prost à Cannes 2013

Serein, on regarde le film commencer.

Film 17
Week end of a Champion
De Frank Simon et Roman Polanski
Séance Spéciale

week end of a champion, cannes 2013

Week end of a Champion, une affiche du film

Et bien ce documentaire, le deuxième que nous voyons à Cannes après Jodorowski’s Dune, est fantastique! On y suit les préparatifs de Stewart avant la course, et ses échanges avec Roman Polanski, qui nous permettent de découvrir le quotidien de ce champion. La réalisation nerveuse et le montage génial de Franck Simon, le réalisateur original, décédé quelques années après le tournage, nous communiquent la tension qui naît peu à peu chez le champion, pas très à l’aise avec sa nouvelle voiture (il a eu un accident avec la précédente une semaine aupravant), et surtout son angoisse de devoir probablement courir sous la pluie, alors que le circuit de Monaco est l’un des plus complexe du Championnat du Monde!

Jackie Stewart Cannes 2013

Jackie, the Champ!

Le héros de ce film c’est bien sur Stewart, dont les commentaires passionnants montrent un champion au faîte de sa gloire et de sa maîtrise de la voiture. Lorsqu’il évoque ses sensations sur la route, on dirait un poète qui évoque l’un de ses textes, c’est sublime! Et quand nous retrouvons 40 plus tard Polanski et le champion dans la suite qu’ils occupaient le week end de la course, c’est pour les entendre disserter sur l’évolution de la F1, notamment sur l’évolution des règles de sécurité, pour lesquelles Stewart s’est battu toute sa vie. Au final, un document passionnant, pour les fans de F1 ou non. Un grand moment.

La Femme à la Villa Scweppes

La Femme à la Villa Schweppes

Une dernière projection pleine d’émotion donc, mais la journée n’est pas terminée! L’après-midi, j’ai remporté sur twitter un concours qui me donne accès au concert du groupe La Femme à la Villa Schweppes, sur la plage de Cannes. Un sandwich avalé chez un bistrotier inquiétant du centre-ville (un type qui se vante d’être alcoolique, et possède ses théories bien à lui sur les femmes et le système judiciaire Français), et nous voilà parti pour la soirée.
Une file d’attente d’une demie-heure au bar pour des cocktails au Schweppes, un concert endiablé, un accès à la plage, puis un squat sur cette dernière jusqu’à 4h du matin, et voilà l’une des meilleures journée passée sur le Festival qui se termine.

Croisette by night

Croisette by night

Demain, on continue notre aventure, et promis, on rattrape les articles que l’on n’a pas eu le temps de rédiger aujourd’hui! Vous retrouverez la critique complète de Only God Forgives et Week end of a Champion. A demain!

Palmarès évolutif :

Palme d’or : Behind The Candelabra, de Steven Soderberg

Prix de la Mise en Scène : Joel et Ethan Coen, Inside Llewyn Davis

Grand Prix du Jury : Inside Llewyn Davis, de Joel et Ethan Coen

-Prix d’interpréation Féminine : Marina Vacht, Jeune et Jolie

-Prix d’Interpréation Masculine : Michael Douglas, Behind The Candelabra

-Prix du Scénario : Asghar FARHADI (nous rajouterons son traducteur) pour Le Passé

Caméra d’Or : Fruitvale Station, de Ryan Coogler.

Croûte d’or (= Film le plus mauvais) Héli, d’Amat Escalante

Statistiques Cannoises :

Films vus du jour : 3

Films vus total : 17

Soirées Cannoises : 2

Montée des Marches : 1

Critiques en retard : 4

Sommeil en retard (sur une moyenne de 7h par nuit) : 10

A demain!

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