Ma Vie avec Liberace : Michael Douglas à poil et à vapeur

 Avant Elvis, Elton John et Madonna, il y a eu Liberace : pianiste virtuose, artiste exubérant, bête de scène et des plateaux télévisés. Liberace affectionnait la démesure et cultivait l’excès, sur scène et hors scène. Un jour de l’été 1977, le bel et jeune Scott Thorson pénétra dans sa loge et, malgré la différence d’âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans.
Behind the candelabra poster
Steven Soderberg va-t-il terminer sa carrière comme il l’a commencée, à Cannes? Lauréat de la Palme d’Or pour son premier film (!) en 1989, Sexe, mensonges et vidéo, il présentait aujourd’hui ce qu’il annonce comme son dernier long-métrage avant une longue pause dans sa carrière. À la base produit par et pour HBO, Behind the Candelabra (Ma vie avec Liberace en VF) a les honneurs de la Compétition Officielle, une première pour un téléfilm, après que Gilles Jacob et Thierry Frémaux aient insisté pour que le réalisateur prolifique d’Ocean’s Éleven, du Che et de Contagion vienne tirer sa révérence sur la scène du Grand Théâtre Lumière.
Behind the candelabra cannes 2013

Deux acteurs au faîte de leur art

Behind the Candelabra Cannes 2013

Un prix d’interprétation pour Douglas? Pas si le film remporte la Palme!

Avant tout, l’œuvre est marquée par un casting excellent, en tête duquel Michael Douglas, qui signe une performance bluffante en incarnant un Liberace tout en bijoux, tenues rococos et petits chiens dans les mains. Il se donne sans limite, allant jusqu’à jouer lui-même les morceaux de piano endiablés du musicien. Surtout, il n’hésite pas à se montrer vieilli, de profondes rides marquants son visage, un ventre bedonnant affiché sans complexe, ce qui est suffisamment rare pour une star Hollywoodienne de son âge pour être souligné. Intense et habité, il joue comme si sa vie en dépendait. À ce titre, il est incroyable dans les scènes finales..

behind the candelabra cannes 2013

Matt Damon, un fantasme gay impressionnant

Face à lui, Matt Damon signe lui aussi l’une des, si la meilleure performance de sa carrière. Jeune garçon naïf et innocent au début, son jeu se densifie au fur et à mesure que son personnage est confronté à des choix de plus en plus douloureux. Lui aussi à travaillé son corps, affichant une musculature impressionnante, et fantasme homosexuel ambulant. Le maquillage du film est d’ailleurs exceptionnel.

behind the candelabra cannes 2013

Rob Lowe, probablement l’un des meilleurs second rôle de ce Féstival

On ne peut pas ne pas rendre hommage à Rob Lowe, jubilatoire dans le rôle d’un chirurgien esthétique tiré à quatre épingles (et au bistouri), vendant ses services parfois douteux sans aucun scrupule. Et à noter, le rôle d’un Dan Aykrod méconnaissable, en manager à mèche frisée.

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Des décors et des costumes outranciers, mais au final très réalistes

La reconstitution des années 70 et 80 est bluffante. Les décors et les costumes outranciers de Liberace, tout en marbre, en paillettes et en couleurs, donne un support physique aux excès du personnage. Gouffre d’égoïsme et de manipulation discrètes, le pianiste trouve en Scott un compagnon dévoué, doublé d’un miroir qu’il n’hésite pas à façonner au grè de ses désirs.
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Soderberg à la conférence de presse de ce matin

Soderberg pose sur ce tableau une mise en scène virtuose, qui souligne un peu plus la démesure du personnage central. L’éclairage et la liberté qu’il laisse à ses acteurs jouent pour beaucoup dans la réussite de l’entreprise. Peu frileux, il ne nous épargne lui non plus rien du tout : nudité, opérations de chirurgie filmées, etc.. Le réalisateur ne tire pas sa révérence en se cachant derrière l’académisme! Là-aussi la mise en scène pourrait se voir récompenser par un Prix..

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Un duo impressionnant, qui n’aura pourtant à priori pas les honneurs des Oscars cette année

Un grand film donc, où l’on rit beaucoup au début, un peu moins au milieu, et où les larmes pointent même le bout de leur nez à la fin. C’est surtout la première oeuvre pour laquelle nous avons un coup de coeur, et qui pourrait bien remporter une Palme d’or. Ce serait une jolie façon pour Soderberg de boucler la boucle, avant d’entamer une nouvelle vie. On parie qu’il refera un film?

 

Behind The Candelabra (Ma Vie avec Liberace)
De Steven Soderberg,
Avec Michael Douglas, Matt damon, Rob Lowe, Scott Bakula, Dan Aykroyd
Sortie Française non définie
Distribué par ARP Selection

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4 réflexions sur “Ma Vie avec Liberace : Michael Douglas à poil et à vapeur

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