Journal de Cannes – Day 6

Cette année encore, nous vous ferons vivre le Festival de l’intérieur, en tenant un journal de nos aventures : les films, les rencontres, les émotions, les coups de fatigue.. Avec notre palmarès évolutif et quelques statistiques sur notre Quinzaine sur la Croisette. Plongez dans le quotidien d’un blogueur à Cannes!

Behind the Candelabra, Cannes 2013

Le duo de Liberace, impressionnant

Levé, descente, recherche de billets, le train train matinal quotidien est bien rodé. On sort la pancarte en arrivant dans les rues précédents la Palais, et on se lance dans la quête d’invitations. J’arrive tôt ce matin, car la projection du film de Steven Soderberg est très attendue. La preuve, je mets environ une demi-heure à trouver mon bonheur. Et ça n’est pas terminé, puisque la salle est prise d’assaut par la presse (qui a un accès prioritaire sur tout le monde aux projections officielles). Résultat, je passe le premier barrage, mais reste coincé juste avant le tapis rouge. A 8h30, la séance commence, et je suis toujours dans la file d’attente.

Certains commencent à crier, car il est vrai que la sécurité  ne donne aucune information : une autre salle va-t-elle être ouverte, comme c’est généralement le cas ? Ou vaut-il mieux quitter immédiatement la queue pour aller attendre une autre projection. Au bout de 15 minutes d’attente, on laisse finalement les spectateurs passer, direction la salle du Soixantième, pour une projection à 9h.

Film 12
Behind the Candelabra
De Steven Soderberg
Compétition Officielle

Behind the candelabra poster

Behind the Candelabra Poster

Steven Soderberg présente son dernier film à Cannes, là où sa première œuvre, Sexe, Mensonges et Vidéos, Palme d’Or 1989, avait lancé sa carrière. Premier téléfilm sélectionné en Compétition Officielle de l’histoire du Festival, Ma Vie Avec Liberace est une œuvre jouissive, portée par un Michael Douglas qui met toutes les chances de son côté pour un prix d’Interprétation. Matt Damon lui tient la dragée haute, dans cette histoire d’amour homosexuelle que la réalisation de Soderberg sublime. Paillettes, tenues multicolores, fourrures, c’est un plaisir pour les yeux. La première demi-heure est également la plus drôle que nous ayons vue jusqu’ici, portée une fois de plus par Douglas, juste et touchant d’un bout à l’autre du film, entre rire et larmes. Le film le plus complet de la Sélection, et du coup, un premier sérieux challenger pour la Palme !

Commencer sa journée de projo avec ce film place la barre très haute pour la suite. Le générique du film est à peine lancé que je me précipite vers la sortie, afin de retourner dans la file d’attente devant la salle du 60e. Je dois rattraper le Takeshi Miike raté la veille pour cause de sommeil prolongé, et la séance démarre à peine 30 minutes après celle du Soderberg. Au final, c’est bien suffisant pour retrouver le réalisateur qui nous avait fait tant marré l’année dernière avec sa comédie musicale déjanté, Ai To Makoto.

Film 13
Wara No Tate
De Takeshi Miike
Compétition Officielle

Cannes 2013

Wara No Tate Poster

Miike est probablement l’un des réalisateurs les plus varié qui soit en activité. Horreur, thriller, action, comédie musicale, il change de registre quasiment à chaque film. Ici, son petit dernier est un mix entre l’action pure, le suspense et la réflexion morale et philosophique.
La première demi-heure annonce un grand moment : un milliardaire dont la petite fille a été sauvagement assassinée promet 1 milliard de yens à quiconque abattra l’assassin, dont il publie une photo dans les journaux. Ce dernier préfère se rendre à la police. Une équipe de 5 agents se met alors en place pour l’escorter à Tokyo, où il doit être jugé. Mais la route est semée d’embûches, et le danger n’est pas toujours là où on l’attend.
Le pitch est très prometteur et laisse entendre de l’action à gogo. Malheureusement, Miike s’embourbe très vite dans une réflexion sur la notion du Bien et du Mal, de la légitimité face à légalité très mal exploitée, et des incohérences de scénario assez hallucinante pour un film en Compétition Officielle. Une grosse grosse déception donc, qui frôle la croûte d’or. Heureusement Heli était vraiment mauvais, et sera difficile à détrôné dans cette aride compétition.

On sort assez triste d’avoir assisté à une mauvaise surprise. Je me laisse trois quart d’heure pour manger tranquillement, avant d’aller passer 1h30 dans la file d’attente du rattrapage du film de Valeria Bruni-Tedeschi, Un Château En Italie. Puisque la projection de la veille était unique, je m’attends à une foule assez compacte pour cette seconde et dernière projection, d’où ma prudence. Au final j’ai bien fait, puisque de nombreux spectateurs restent à l’extérieur.

Film 14
Un Château en Italie
De Valeria Bruni-Tedeschi
Compétition Officielle

Un Chateau en Italie Cannes 2013

Une image d’Un Chateau en Italie, qui bizarrement n’a pas encore d’affiche officielle

Je n’avais pas vu les précédents films de la réalisatrice, j’ai été prévenu qu’elle a un style bien à elle. Et en effet, les dialogues et les situations ne sont pas toujours très réalistes, les ellipses sont nombreuses. Mais tout cela est balayé par l’émotion et la tendresse incroyable qui se dégagent de cette œuvre. Les acteurs sont tous fantastiques dans cette histoire construite autour de la mort du frère de l’héroïne, inspirée de la vraie vie de l’actrice. Valeria Bruni-Tedeschi, Louis Garrel et Xavier Beauvois, entre autre, sont touchants, toujours à deux doigts de craquer. On sort de là complètement retourné, vidé par l’émotion, expliquée par la fatigue dans laquelle vous plonge obligatoirement le Festival.

un chateau en Italie, cannes 2013

L’équipe d’un Chateau en Italie, de Valeria Bruni-Tedeschi

Trois films en un jour reste une bonne moyenne, et j’ambitionne de faire une vraie soirée Cannoise le lendemain, aussi je ne me laisse pas tenter par le Cléopâtre de Manckievitz qui passe ensuite. Je préfère consacrer les 4h du film à me poser sur la plage du village international, toujours un bon spot pour profiter des derniers rayons de soleil, et écrire les critiques des films que j’ai vu dans la journée. Surtout, je ne veux pas me coucher tard, pour être aux aurores sur la Croisette pour tenter de trouver une place pour ce qui sera probablement l’un des film chocs de la Sélection, Only God Forgives.. A demain !

Palmarès évolutif :

Palme d’or : Behind The Candelabra, de Steven Soderberg

Prix de la Mise en Scène : Joel et Ethan Coen, Inside Llewyn Davis

Grand Prix du Jury : Inside Llewyn Davis, de Joel et Ethan Coen

-Prix d’interpréation Féminine : Marina Vacht, Jeune et Jolie

-Prix d’Interpréation Masculine : Michael Douglas, Behind The Candelabra

-Prix du Scénario : Asghar FARHADI (nous rajouterons son traducteur) pour Le Passé

Caméra d’Or : Fruitvale Station, de Ryan Coogler.

Croûte d’or (= Film le plus mauvais) Héli, d’Amat Escalante

Statistiques Cannoises :

Films vus du jour : 3

Films vus total : 14

Soirées Cannoises : 1

Montée des Marches : 0

Critiques en retard : 4

Sommeil en retard (sur une moyenne de 7h par nuit) : 8

A demain!

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