Inside Llewyn Davis, la chanson mélancolique des frères Coen

La vie d’un jeune chanteur de folk dans l’univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu’un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien, et affronte des obstacles qui semblent insurmontables – à commencer par ceux qu’il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l’aide que lui apportent des amis ou des inconnus, en acceptant n’importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu’à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman – avant de retourner là d’où il vient…

Inside llewyn Davis cannes 2013

L’affiche très classe du film

Les frères Coen, (Une Palme d’Or pour Barton Fink en 1991, 3 prix de la mise en scène quand même!) reviennent sur la Croisette, et sont, comme d’habitude, très attendus. Si on mesure les chances d’obtenir une Palme d’or au succès des projections, il n’y a pas photo, c’est Inside Llewyn Davis qui remporte pour l’instant la Palme haut la main ! Des projections presses saturées, des journalistes excédés refoulés à l’entrée (les projo presse ont lieu un jour avent les projections officielles, et sont exclusivement reservées au milliers de journalistes présents sur la Croisette), une file d’attente particulièrement longue pour les projections officielles.. Est-ce justifié?

Inside Llewyn Davis

Oscar Isaak, LA révélation du film

Mais oui! Comme dans tous leurs films, Joel et Ethan Coen soignent encore une fois particulièrement la mise en scène, le cadre et la direction d’acteurs. Comme souvent, ils s’attaquent à conter la destinée d’un « loser », comprenez un antihéros ou un marginal : Arizona Junior, The Big Lebowski, O’Brother, A Serious Man.. Vous pouvez désormais ajouter le film sur ce Llewyn Davis à la liste.

Inside llewyn davis

Un film sur la musique folk, avec de sublimes chansons live

Bizarrement, c’est le film de la Sélection que j’ai trouvé le plus déprimant, alors même qu’il est l’un des plus drôle! Déprimant à cause du personnage principal, joué par le très impressionnant Oscar Isaak, révélation masculine de ce Festival. Il incarne donc ce  Llewyn Davis, guitariste-chanteur qui ne fait que prendre de mauvaises décisions, se prend toutes les portes possibles, et ce alors qu’il est persuadé de son talent. L’acteur, aperçu dans le Robin des Bois de Ridley Scott, traîne son regard de droopy face à toutes ces difficultés, qu’il affronte résigné, sans parvenir à tirer les leçons de ses erreurs. Il a surtout le courage de jouer un personnage principal qui n’est pas sympathique, principalement parce qu’il essaie de se construire en maltraitant les autres personnages. Tous ou presque d’ailleurs semblent subir la présence des autres, avec lesquels il ne peuvent pourtant pas s’empêcher d’avancer, à l’image de ce Llewyn Davis, quémandant à tout le monde un canapé pour dormir.

inside Llewyn davis

Le cast sur la Croisette

Comme souvent, les personnages secondaires en tiennent tous une sacrée couche : Carey Mulligan interprète une amie du chanteur folk qui débite environ 3 grossièretés par phrases; Justin Timberlake, à contre-emploi, incarne un gentil musicien très talentueux, cocufié par la même Carey Mulligan avec son ami Isaak, qu’elle considère pourtant comme un raté complet; John Goodman enfin est un truculent passager de voiture handicapé, qui ajoute à son débit de paroles acerbes sans fin une incapacité à se retenir d’aller aux toilettes. Ajoutez un couple bourgeois un peu niais, un chauffeur à cigarette mutique, un militaire serviable à la voix d’ange, une chanteuse folk venue de la campagne et un chat fugueur, et vous aurez une belle brochette de vainqueurs !

Inside llewyn Davis

Une réalisation léchée, une BO comme souvent fantastique..

Et on rit beaucoup dans le film : les frères Coen impose une mise en scène fluide, comme toujours, dans la lumière grisâtre du New-York des années 60. On rit parce que les deux réalisateurs veulent nous faire rire, alors que Davis se ferme peu à peu toutes les issues qu’il pourrait prendre.. ou ne prend pas ! A ce titre, la fin du film est équivoque…

Un excellent Coen donc, à l’humour toujours aussi cinglant, et mélancolique comme une chanson triste. Grand Prix du jury à Cannes, un film à voir.

Inside Llewyn Davis
De Joel et Ethan Coen
Sélection Officielle
Sortie le 13 novembre 2013
Distribué par Studiocanal

Publicités

6 réflexions sur “Inside Llewyn Davis, la chanson mélancolique des frères Coen

  1. Ping: Journal de Cannes – Day 4 | cinemoustache

  2. Ping: Journal de Cannes – Day 8 | cinemoustache

  3. Ping: Cannes 2013 : notre palmarès | cinemoustache

  4. Ping: Journal de Cannes – Day 9 | cinemoustache

  5. Ping: Journal de Cannes – Jour 10 | cinemoustache

  6. Ping: Very Bad Trip Part III – L’heure de la gueule de bois | cinemoustache

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s