The Great Gatsby, un Lurhmann peut en cacher un autre

Printemps 1922. L’époque est propice au relâchement des mœurs, à l’essor du jazz et à l’enrichissement des contrebandiers d’alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s’installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d’un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s’étourdit en fêtes mondaines, de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C’est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d’absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

Leonardo DiCaprio

DiCaprio, un Gatsby Brillant

Depuis longtemps déjà nous savions que le film de Baz Lurhmann allait faire l’ouverture de la 66e édition du Festival de Cannes. Quel meilleure idée en effet que d’ouvrir le plus grand évènement du 7e Art par la dernière œuvre d’un cinéaste qui veut faire de chacun de ses films une orgie d’images, de musique, de chorégraphie, de couleurs, bref, pousser au maximum tous les curseurs ce qui fait le Cinéma. Sans omettre que le réalisateur de Romeo + Juliette a su une nouvelle fois s’entourer de stars au sens premier du terme, c’est-à-dire celles dont la présence dans un film est déjà un évènement en soi. Ainsi, pourquoi se priver d’inaugurer le tapis rouge et la Montée des Marches avec Leonardo DiCaprio, Carey Mulligan, Tobey Maguire, Joel Edgerton et Jason Clark ?

Moulin Rouge 2

Great Gatsby party

Lurhmann se fait plaisir..

Ces paillettes, ce star sytem, c’est un peu la première partie de ce Gatsby le Magnifique version 2013. Lurhmann n’est pas un homme de demi-mesure, quiconque a jeté un œil à plus d’une minute de ses films s’en rendra immédiatement compte. Il veut toucher les sens plus que les émotions du spectateur. Ainsi, la première heure du film (il dure 2h22) évoque un copié-collé de Moulin Rouge, les chansons de Nicole Kidman et Ewan McGregor en moins.

Great Gatsby Party Picture

Et ça brille et ça gigote de partout!!

Les scènes de fêtes sont donc saturées de couleur, de costumes, de lumières, auxquelles s’ajoute une BO, produite par Jay-Z, exceptionnelle, comme toujours chez le réalisateur Australien. Lurhmann cherche à stimuler TOUS nos sens, aidé en cela par une 3D qui frôle parfois à l’overdose. Ajoutez  un montage nerveux, presque clipesque, des personnages secondaires plus qu’excentriques, et des décors pharaoniques, et vous aurez une petite idée de ce qui vous attend.
Pourtant, comme dans Moulin Rouge, le réalisateur trouve dans ce chaos et dans ces excès la matière première de sa mise en scène. Dans le Great Gatsby de Jack Clayton, en 1974, tout était dans le non-dit, le silence, les regards. N’évoquez pas ces mots à Lurhmann, qui préfère souligner les subtilités de son intrigue à grand coup de voix-off (qui nous explique ce qu’il se passe à l’image), de flash-backs (illustrant ce que Gatsby nous raconte de son passé) et de gros plans afin que le spectateur ne se disperse pas à essayer de comprendre ce qui se passe entre les personnages, et reste concentré sur l’essentiel : l’image et le son. On adhère ou non.

The Latest Great Gatsby

Et pourtant, le « vrai » film démarre au bout d’une heure de fêtes et d’abus. Après cette première phase de « BazLurhmanneries » classique dirons-nous, le réalisateur se calme et parvient à recentrer toute l’histoire sur les personnages, qui étaient jusque là portés par l’action.
A partir du moment où Jay Gatsby, le moteur du film, apparaît (et quelle scène lorsque nous le découvrons!), le film change de registre, pour se transformer en véritable film classique partant à l’exploration d’un personnage exceptionnel.

Lonardo DiCaprio The Great Gatsby

DiCaprio dans son meilleur rôle, tout simplement

Leonardo DiCaprio, qui ne parvient que rarement à nous toucher chez Cinemoustache, alors que ses performances sont généralement bonnes, est ici d’une justesse et d’une subtilité rares. Tant que l’on regretterait presque que le film ne puisse concourir au Prix d’Interprétation Masculine. Mâchoires serrées, regard fuyant ou au contraire solide comme un roc, mains dans les poches ou sur une canne, il est un Gatsby qui fait de l’ombre à Robert Redford, pourtant très solide dans la version de Clayton.

Généreux, DiCaprio a la classe de ne pas vampiriser l’écran, et laisse ses camarades s’exprimer.Passons rapidement sur Tobey Maguire, qui reste égal à lui-même (c’est-à-dire qu’il fait le job, correctement mais sans plus), pour évoquer LA révélation du film : Joel Edgerton. L’acteur, plus connu pour ses rôles de gros bras (Zero Dark Thirty, Warrior) s’avère d’une puissance exceptionnelle en mari jaloux de l’amant de sa femme. Carey Mulligan incarne une Daisy parfaite, beaucoup plus intéressante que celle de Mia Farrow en 1974, qui, à force de trop en faire, finissait par décrédibiliser son personnage.

The Great Gatsby poster

Un film à voir pour son casting, presque parfait

Que penser au final de ce Gatsby ? C’est un film double, comme si Baz Lurhmann était resté dans le cocon de ce qu’il savait (très bien) faire dans la première partie, avant de se transformer en un cinéaste différent dans la seconde, plus adulte, moins clinquant et plus sombre. En cela, il est aidé par un DiCaprio incandescent, dont le feu intérieur se cache derrière des costumes, une maison, des voitures et des soirées orgiaques. Si l’on tente de comparer le film à la version de 1974, on se rendra compte du travail de style effectué par l’Australien, et qui colle bien mieux au ton et au sujet du film, mais qui risque de perturber par sa modernité. Un grand film, qui divisera, comme tous les films de l’auteur.

The Great Gatsby, de Baz Lurhmann
Avec Leonardo DiCaprio, Carey Mulligan, Tobey Maguire, Joel Edgerton, Jason Clarke.
Sortie le 15 mai 2013
Distribué par Warner Bros

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Une réflexion sur “The Great Gatsby, un Lurhmann peut en cacher un autre

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