Yo…No quiero mas !

Le concert de Yo La Tengo au Bataclan le mois passé remporte plusieurs palmes…mais pas forcément celles auxquelles on s’attend.

Outre celle du concert le moins sexy de la décennie, le trio remporte également le très prisé prix du jeu de scène le plus pourri. Effectivement, pas la peine de guetter le beau gosse du groupe, il n’y en pas. Tout d’abord parce que la moyenne d’âge approche la cinquantaine, mais chacun ses goûts, certains l’aiment mou. Ensuite, parce que leur charisme est proche de celui d’une loutre paraplégique en fin de vie. Tout cela est bien futile me direz-vous et vous n’avez sans doute pas tort. Mais quand plusieurs centaines de personnes viennent vous voir sur scène et payent pour cela, vous pouvez au moins éviter le pyjama et esquiver quelques pas !

Bref, tous ces petits détails ne m’ont pas franchement boostée pour la suite et d’entrée de jeu je suis déçue. Pourtant, si je suis assise-là sur mon fauteuil au Bataclan c’est qu’il y a bien une raison et même plusieurs : leurs rythmes suaves qui me bercent si bien dans mon salon, leur grand sens de la musicalité, leur créativité dans la pérennité…ça me plaisait !

Yo-La-Tengo ext

Mais ça, c’était avant ! Avant ce concert décevant et bizarrement mis en scène en trois actes. Un premier, plus que soporifique, regroupant les titres les plus doux de leurs derniers albums. Des ballades longues et molles, toutes semblables et le tout sans intermède. Quand enfin est arrivé l’entracte, j’ai cru revivre. Mais le répit fût de courte durée puisque dès la deuxième chanson le désespoir me gagne de nouveau. Là ou des sons excellemment mixés sur leurs albums me donnaient des frissons, ils me font ici dresser les poils ! Une ligne rythmique certes travaillée mais répétitive donne matière aux délires égoïstes et dérangeants du leader Ira Kaplan. Un bassiste et une batteuse plus effacés que jamais laissent donc place aux frasques inaudibles d’un guitariste et chanteur sous Lexomil. Seul en transe, il finit par confondre guitare et aspirateur et entreprend de lessiver la scène avec son instrument. Unique grain de folie qui m’a empêché de crier au crime sonore avant de quitter la salle !

C’est donc avec un soulagement certain que je vois le deuxième acte se terminer. Le troisième, sous forme de rappel, m’apporte enfin le salut tant espéré. C’est en effet le moment qu’ils choisissent pour reprendre acoustiquement leurs plus grands titres dont « Big Day Coming ». Quatre morceaux tout en finesse et en beauté. Une réelle complicité entre les époux Kaplan qui touche et fait plaisir à voir, un peu de poésie quoi ! Il m’aura donc fallu 1h50 de concert pour me souvenir enfin de ce qui me plaisait tant dans mon salon.

Sans doute les 110 minutes les plus longues de ma vie mais il est tout de même bon de se rappeler que le trio est composé d’excellents musiciens qui enchainent les succès depuis plus de 30 ans. Je vous laisse juger.

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