« Black’s Game », le pétard mouillé

Reykjavik,  fin des années 90. Stebbi est un jeune un peu paumé. A la suite d’une altercation dans un bar, il retrouve son ami d’enfance Toti. Ce dernier, devenu dealer, l’entraîne dans ses magouilles. Lorsque l’ancien associé de Toti refait surface, Stebbi se retrouve embarqué dans une guerre de trafiquants de drogues de plus en plus violente.

Black’s Game dont la date de sortie n’est pas encore annoncée

Classé parmi les œuvres de la nouvelle vague Scandinave (le réalisateur Oskar Thor Axelsson  est Islandais, mais c’est Nicolas Winding Refn qui produit), Black’s Game se veut être une plongée violente dans l’enfer de la mafia et de la drogue.
Au final, si la violence est bien présente, on reste sur notre faim. Sans âme, le film enchaine les scènes attendues, dont l’efficacité ne parvient pas à sauver une mise en scène trop impersonnelle.

Le réalisateur, dont c’est le premier long métrage, a clairement choisi de se concentrer sur la technique plutôt que de chercher à mettre les acteurs et l’histoire en valeur. Pour cela, il invoque les grands contemporains du genre, sans jamais parvenir à les égaler.

Beaucoup de Ritchie, Scorsese et Tarantino dans le film

Des influences évidentes mais écrasantes

En usant de ralenti, de splitscreen, d’une photo travaillée ou encore d’un découpage parfois vif, Axelsson lorgne vers Tarantino. Mais là où l’Américain met la technique au service d’interprètes habités par des dialogues au cordeau , l’Islandais se contente de chahuter le spectateur qui s’endormait, la faute à une histoire que l’on a l’impression d’avoir déjà vu.

Thor Kristjansson

Et pour cause, on pourrait presque parler d’un remake des Affranchis, de Martin Scorsese. L’ascension puis la chute brutale d’un jeune ambitieux qui est de plus en plus rongé par la drogue, voilà  l’histoire de ce Black’s Game. Sauf qu’ici l’interprète principal, Thor Krijtansson, ne parvient pas à rendre intéressant un personnage que le scénario a de toute façon voulu lisse et fade.

Même les bonnes idées qui pointent leur nez ne sont pas exploitées. Par exemple, dès le début, Stebbi se fait exposer par Toti ce qu’est le moment zero, concept que Guy Ritchie n’aurait pas renié. Il lui dit qu’en cas de grand danger, le cerveau humain agira sans réfléchir, afin d’essayer de retourner la situation.
C’est en se sortant d’une agression à travers l’un de ces moments zéro (environ 3 subtiles minutes après l’explication) que Stebbi gagnera le respect de Toti, et démarrera ainsi sa vie de truand. Mais voilà, on ne reverra (presque) plus ce moment zéro dans le film, appauvrissant par là l’idée même du concept, alors que les moments de panique n’ont pourtant pas manqués.

Notons la présence dans le film de la plastique parfaite de Maria Birta, tout simplement affolante.

Une belle coquille un peu vide

La plus évidente des influences reste celle de la trilogie Pusher, de…..Nicolas Winding Refn justement! Dans les thème, dans la violence affichée, ainsi que dans les rebondissements de l’histoire, on retrouve bien la patte du réalisateur de Drive. Mais on sait que Refn est un génie du cadre, du découpage et qu’il a toujours su s’entourer d’acteurs hors norme pour les rôles principaux : Tom Hardy dans Bronson, Ryan Gosling dans Drive, et surtout Mads Mikkelsen dans Valhalla Rising (Le Guerrier Silencieux en VF) et, justement, Pusher.

Or justement ici les acteurs n’apportent pas grand chose. Non pas qu’il soient mauvais ; au contraire, l’interprète de Toti (Johannes Haukur Johanesson) est même plutôt impressionnant, sorte de taureau plus malin que son physique ne le laisse imaginer. Simplement, leurs personnages ne sont que les faire-valoir d’une histoire et d’une mise scène qui voudraient se suffire à elles-mêmes. Ben non.

Mention speciale tout de même à cet acteur, Johannes Haukun Johanesson, au jeu très aiguisé..

A trop vouloir copier, le réalisateur n’imprime pas sa marque, et on sort de Black’s Game (mais que veut dire ce titre?) avec un étrange sentiment de vide. Pourtant les bonnes scènes ne manquent pas, les acteurs sont corrects et le scénario, bien qu’attendu, plutôt efficace. Malheureusement, toutes les petites choses qui font un grand film ne sont pas là, à commencer par une âme dans la mise en scène. Dommage!

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