« Iron Sky », les Nazis venus de l’espace

En 1945, sentant probablement le vent tourner, les Nazis décident d’envoyer quelques-uns d’entre eux sur le « dark side of the moon ». Le plan est simple : lorsqu’ils auront réussi à mettre au point l’arme ultime, ils reviendront sur Terre terminer leur conquête du monde ! En 2018, une équipe d’astronaute/mannequin Américaine tombe sur les descendants des soldats du Reich… Cette rencontre infortuite marquera le début des hostilités : l’invasion est désormais imminente !

Le poster d’Iron Sky, déjà sorti dans une quarantaine de pays

5 ans de réflexion

Après 5 ans d’une gestation difficile, Iron Sky est enfin là ! Financé en partie par les fans , le film est une improbable co-production Finno-Germano-Autrichienne de 7,5 millions d’euros de budget total. Portée par une idée de départ tout simplement géniale et à grand coup de crowd-funding et de pré-teaser bricolés, l’équipe à l’origine du film parvient à ses fins. Rien que pour cela il convient de tirer son chapeau à Timo Vuorensola et ses collègues!

Une base lunaire, subtilement cachée dans un cratère

Le résultat valait-il la peine d’attendre aussi longtemps ? Force est de constater que le rendez-vous n’est pas manqué ! Un scénario malin et très drôle, des effets spéciaux vraiment impressionnants pour un budget aussi réduit, des décors et des costumes mélangeant Star Trek et Final Fantasy, des idées de scène aussi inventives que le pitch général du film, et même une (légère) critique géo-politique, où l’Amérique se prend au final autant de baffes que le IVe Reich.

Plan Siegfried from Outer Space

Hommage aux séries B d’invasion des années 50, Iron Sky est avant tout armé d’une histoire aussi improbable que bien foutue. D’un côté, une Présidente Américaine en pleine campagne de réelection, et qui ne sait plus quoi inventer pour garder son poste. De l’autre, un ambitieux et cruel capitaine Nazi, qui ne reculera devant rien pour devenir le prochain Fürher. Entre les deux camps de ce « rematch » allumé de la guerre 39-45, une institutrice aryenne persuadée que le national-socialisme est une bénédiction pour l’homme, et un astronaute black, mannequin envoyé sur la lune par la Présidente, simplement parce que « Yes, she CAN! ».

Derrière le film de genre réussi, on retrouve en filigrane une dénonciation des médias et de la politique. La Présidente, sorte de double de Sarah Palin (peut-être bien elle-même d’ailleurs) qui passe son temps à faire du sport et ne pense qu’à son image, en viendra à s’associer avec les Nazis pour s’assurer la victoire électorale. Rien de sérieux là-dedans, évidemment. Mais Iron Sky a au moins le mérite d’oser accrocher ses scènes toutes plus improbables les unes que les autres à un scénario construit, et même plutôt réussi, ce qui est loin d’être une règle dans ce genre de production.

Des Nazis dans le bureau oval.

Des petites lacunes de rien du tout

Surtout, on rit beaucoup, même si l’on se dit qu’un trio ZAZ (Zucker-Abrahams-Zucker, les responsables de la série de film « Y a-t-il (un pilote, un flic)… ? » aurait transformé l’essai avec plus de réussite. Mention spéciale aux scènes qui se passent à l’ONU (ou son équivalent en 2018), et qui à chaque fois abordent les rapports entre les différentes grandes puissances avec un esprit aussi caricatural qu’hilarant. La réalité des rapports entre les états aujourd’hui, si la politique ne s’encombrait pas de circonvolutions et de belles paroles, ressemblerait probablement à ce que l’on peut voir dans Iron Sky !

Une armée nazie en plein Blitzkrieg

Les effets spéciaux du film n’ont rien à envier à ceux que pourrait aujourd’hui produire Hollywood pour un budget 10 fois supérieur. Pourtant, on reste sur sa faim lors des combats entre vaisseaux spatiaux, longuets et sans reliefs. De façon générale d’ailleurs, le film est un peu trop long, et quelques coups de ciseaux au montage n’auraient pas fait de mal.

Un bon gros vaisseau Nazi comme on n’en fait plus

Ces petites faiblesses sont toutefois bien peu de chose face à un film comme on les aime, à savoir un entertainement qui s’assume mais qui parvient à glisser de-ci de-là quelques piques efficaces sur le monde d’aujourd’hui. Ajoutez à cela un pitch de départ en or, dont on pourrait s’étonner qu’il n’ait jamais été produit auparavant, et vous vous retrouver avec une œuvre dont les lacunes ne pèsent pas bien lourd face au pied que l’on prend en le regardant. A voir donc ! Aucune date de sortie en France n’est annoncée, mais cela ne devrait pas tarder. Bande-annonce :

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s