Bilan de Cannes 2012 et Palmarès.

Alors ça y est, je suis de retour à la maison, après presque 10 jours sur la Croisette à côtoyer le monde du Cinéma pendant ce qui reste toujours aujourd’hui la plus grande fête du 7e Art. Quel bilan dresser à l’issue de cette parenthèse enchantée ?

En premier lieu ce qui nous hante en partant, c’est le sentiment d’avoir été au centre du monde pendant plus d’une semaine. Le rythme effréné, la quantité de journalistes, professionnels, acteurs, stars qui sont réunis dans cette ville au final pas si grande, tout est réuni pour vivre chaque instant comme un moment bien particulier.

La magie du Tapis Rouge

Le plus impressionnant reste pour moi ces séances officielles dans le Grand Théatre Lumière.Quelle émotion de vibrer avec tous ceux qui, comme moi, travaillent dans le cinéma, le font vivre, en parlent, le diffusent, le financent, le fabriquent. Tous nous retrouvons l’essence même de ce qui fait que nous avons choisi ce métier : l’émotion. Redevenant des enfants face à leur premier film sur grand écran, rien ne nous laisse de marbre, que l’on aime ou que l’on déteste ce que l’on voit. Et c’est une énergie indescriptible qui explose lorsque tous se rendent compte avoir assisté, avant le reste du monde, à la naissance d’un chef d’oeuvre, et le couvrent d’applaudissements (ou au contraire conspuent un film raté). A tel point que j’appréhende la première séance à laquelle j’assisterai dans la « vraie vie », avec des spectateurs/consommateurs des salles UGC de Paris..

Les files d’attente au Festival, grands moments

Reste également ce plaisir des rencontres. Que ce soient nos compagnons de quelques instants dans la file d’attente, celles, encore plus fugaces, des échanges d’invitations sur le parvis du palais, chaque fois on a le sentiment d’être tombé sur quelqu’un qui aime profondément ce qui nous passionne aussi, à savoir le 7e Art. De discussions sans fins sur les films les plus obscurs de la Sélection aux avis bien tranchés sur les prix à remettre en fin de Festival, on ne sent jamais passer l’heure ou deux d’attente qui nous permettra de nous installer dans le fauteuil rouge qui nous transportera le temps d’un film.

Ce monde à part Cannois a, comme toute communauté, sa hiérarchie. Cette dernière se joue la journée sur les différentes accréditations disponibles, journalistes, professionnelle, ou cinéphile, et le soir entre ceux qui ont des invitations aux soirées et le reste du monde. Mais ces mondes différents, qui se mélangent très peu pendant l’année, se retrouvent le temps de quelques jours en Mai, à se croiser, se mélanger, devant les mêmes films, égaux face au pouvoir du 7e Art.

Pas trop de soirées, mais soirées quand même

En ce qui me concerne, pour mon premier festival, je me suis bien plus investi dans la vision de films et la tenue du blog, que laissé tenté par des soirées, qui sont pourtant mémorables sur la Croisette. Arrivé malade, je n’ai pas tenté le diable en me lançant dans un marathon de 5 films la journée puis une soirée jusqu’à 5h le soir venu. De plus, le fait de n’avoir qu’un petit pass m’a obligé à passer beaucoup de temps à attendre des billets ou faire la queue pendant une heure ou deux avant la projection d’un film particulièrement attendu. Nul doute qu’un pass presse m’aurait permis d’accéder à de nombreuses séances supplémentaires, et octroyé un précieux temps supplémentaire pour rédiger. Le fait que je n’ai pas pu rédiger directement les critiques des films que j’ai vu, reste mon grand regret de cette année.

Mais je ne me plains pas, je suis très satisfait de ma première édition. J’ai pu voir en tout 20 films, répartis comme suit :

Compétition Officielle :

  • Moonrise Kingdom, de Wes Anderson.
  • De Rouille et d’Os, de Jacques Audiard.
  • Lawless, de John Hillcoat.
  • Au-delà des Collines, de Cristian Mungiu.
  • Amour, de Michael Haneke.
  • Vous n’avez encore rien vu, d’Alain Resnais.
  • Like Someone in Love, d’Abbas Kiarostami.
  • In Another Country, d’Hong Sang-Soo.
  • Killing Them Softly, d’Andrew Dominik.
  • Holy Motors, de Léos Carax.
  • The Paper Boy, de Lee Daniels.

Hors-Compétition :

  • Dracula 3D, de Dario Argento.
  • Ai To Makoto, de Takeshi Miike.

Un Certain Regard :

  • Beasts of the Southern Wild, de Benh Zeitlin.
  • Laurence Anyways, de Xavier Dolan.
  • Antiviral, de Brandon Cronenberg.
  • Le Grand Soir, de Gustave Kervern et Benoît Delépine.

Cannes Classics :

  • Method to the Madness of Jerry Lewis, de Gregg Barson.
  • Jaws, de Steven Spielberg.

Hors Festival :

  • Les Kaïra, de Franck Gambaride

Pour qui la palme cette année?

Après la découverte de tous ces films, voici mon palmarès :

  • Caméra d’Or : Benh Zeitlin, pour Beasts of the Southern Wild
  • Prix Un Certain Regard : Beasts of the Southern Wild, de Benh Zeitlin
  • Prix de la Mise en Scène : Léos Carax, Holy Motors (ne serait-ce que pour la séquence de motion capture)
  • Prix du Scénario : Killing Them Softly, d’Andrew Dominik
  • Prix d’Interprétation Féminine : Emmanuelle Riva, dans Amour, de Michael Haneke
  • Prix d’Interprétation Masculine : Denis Lavant, pour Holy Motors, de Léos Carax
  • Grand Prix du Jury : Ex-Aequo, Amour de Michael Haneke, et De Rouille et d’Os, de Jacques Audiard
  • Palme d’Or : Holy Motors, de Léos Carax

Naissance d’un Grand, Benh Zeitlin, à surveiller!!

Vous l’aurez compris, mes deux coups de cœur de l’année sont Holy Motors, chef d’œuvre de la Sélection Officielle, que j’ai trouvé largement au-dessus des autres films, et Beasts of the Southern Wild, sublime et impressionnant premier film du très prometteur Benh Zeitlin. Deux films avec un univers bien affirmé, une mise en scène magistrale, et une interprétation habitée, même si l’on peut effectivement reprocher à Denis Lavant de pousser un peu la « performance ». Il n’en incarne pas moins le double de Carax, dans un rôle qui lui permet d’exprimer une palette large et impressionnante servant une multitude de personnage, et donc de démontrer son savoir-faire.

Homme du Festival, Thierry Frémaux

Je souhaite également décerner un prix de la personnalité de Cannes à Thierry Frémaux, l’omniprésent délégué général du festival. Jamais une de ses présentations n’a été approximative, et il a su amener des films de tous genre, du drame intimiste à la comédie musicale nippone barrée (Ai to Makoto, de Takeshi Miike.) Très classe également, son soutien au film Les Kaïra, prouvant par là une ouverture d’esprit que l’on ne peut qu’apprécier dans un festival aussi prestigieux (comprenez donc potentiellement guindé et poussiéreux) que Cannes. Bien que la Sélection Officielle ait été quelque peu molle cette année, remercions le pour son subtil dosage de Hors-Compétition, Un Certain Regard et Cannes Classics.

Avant de définitivement refermer la page du Journal de Cannes 2012 ( la critique des films que j’ai pu y voir sera publiée dans les jours prochains), je tenais à remercier ceux qui avaient rendus possible mon aventure. Le service des accréditations de Cannes, qui a généreusement upgradé mon pass, me permettant d’accéder à un certain nombre de films qu’il ne m’aurait pas été possible de voir sans cela. A la famille Drevon, qui m’a accueilli comme un prince pendant ces 9 jours, et sans qui je serais probablement mort de faim et de sommeil. Et à tous ceux avec qui j’ai pu partager des moments sur le festival : Pauline, Greg, Quentin, Hugo, Romain et toute l’équipe de Comme des Frères. Hugues également pour ses conseils avant le départ, et tous ceux (anonymes) qui ont eu la générosité de me remettre leurs invitations aux projections officielles.
J’ai pu grâce à eux vivre un grand moment de cinéma, et j’espère pouvoir en être de nouveau l’année prochaine !

La Palme de Cannes?? (Pardon…)

J’espère que vous lecteurs avez pu apprécier ces articles, dans lesquels j’ai essayé de rendre compte au mieux d’une première aventure Cannoise! N’hésitez pas à revenir sur Cinemoustache pour réagir aux critiques de films et dossiers culture que nous vous réservons!! Merci à vous et à bientôt!

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