Journal de Cannes : Jour 4

7h : Trêve de sommeil, aujourd’hui je vois des films ! Bien que la qualité des films que j’ai vu jusqu’à présent me laisse satisfait, 4 œuvres en 3 jours ça n’est pas génial. Objectif donc, relever la moyenne ! Pas facile, vu le programme de ce samedi bondé : un palmé qui revient en compétition , Cristian Mungiu, avec Beyond the Hills ; une leçon de musique de celui qui a 5 films en lice cette année, dont 3 en compétition, Alexandre Desplats, qui signe les BO du Audiard, de Moonrise Kingdom et de Reality, plus celle du doc sur Polanski et du Renoir qui clôturera un Certain Regard ; le dernier opus du Pape de l’horreur Italienne, le Dracula 3D ( !) de Dario Argento en Séance de Minuit ; et surtout, l’un des gros morceau de l’année en terme de montée des Marches, le Lawless de Hillcoat, avec juste Jessica Chastain, Gary Holdman, Guy Pearce, Shia LaBeouf (qui présente aussi son premier court métrage HowardCantour.com en ouverture de la Semaine de la Critique) et le génie Tom Hardy. Autant se le dire, la journée sera sportive!

Le sésame pour Lawless

8h30 : Mauvais départ, je n’ai pas eu de ticket pour la séance de Lawless à 8h30. Je m’y attendais, mais c’est la première fois que ma quête devant le palais se solde par un échec.. J’en profite pour prendre quelques café à une terrasse, histoire de ne pas m’endormir à la prochaine séance, en taillant le bout de gras avec des copines, elles aussi sans films.

11h : Je veux vraiment voir Lawless, car j’avais adoré The Proposition, le premier film d’Hillcoat, déjà avec Guy Pearce et Nick Cave au scénario. Bien chanceux, je récupère une place assez rapidement ! Heureusement que je m’y suis pris tôt, car la file d’attente s’allonge très vite, et tout le monde ne rentrera pas ! Installé dans la salle, c’est parti pour deux heures de fusillade entre distillateurs de whisky et policiers dans la campagne de l’Amérique de la Prohibition !

Le Mungiu 2012

14h55 : sortie du film, content du divertissement ! Mais le temps presse, car le Mungiu, Palme d’or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours est à 15h30, et je n’ai toujours pas de places ! Voilà qu’en plus je me goure de sortie du Palais (qui en contient deux, une pour les accrédités professionnels et presse, comme moi, qui permet de rejoindre le parvis directement, et l’autre par derrière, ce qui oblige à faire un long détour pour rejoindre le tapis rouge). Heureusement, je ne mets pas 3 minutes à me trouver un billet ! Le détour m’aura en plus permis de m’acheter un sandwich (une sorte d’éponge pleine d’huile) mangé sur le pouce. Et c’est parti pour mon premier film Roumain !

17h50 : J’ai bien aimé le film, sans trop sentir le poids des 2h40 passées dans ce monastère perdu au fin fond de la Roumanie d’aujourd’hui. Par contre panique à bord, je me suis rendu compte que j’ai perdu la clé de la maison où je suis hébergé ! Petit futé que je suis, je l’avais accrochée à mon pass, autour de mon cou, me disant que dans ma poche elle risquait de tomber à la moindre sortie de mon portable (ce qui arrive environ 500 fois sur une journée). Autant vous laisser imaginer ce que signifie se rendre aux objets trouvés un samedi sur la croisette en plein festival… J’ai un trou d’emploi du temps (pas de séance qui me botte avant 22h15 et Antiviral, du fiston Cronenberg), je rentre donc me reposer un coup, commençant à sentir le poids des courtes nuits et du rythme des journées.

21h : Je suis dans la file d’attente d’Un Certain Regard pour le Cronenberg. Le double des clés est fait, j’ai acheté de quoi embarquer un petit dej le matin, et j’ai fait une rapide sieste de navigateur avant de repartir pour la soirée. Je suis arrivé 1h30 avant le début du film, mais la queue est conséquente ! Pour gagner du temps, je me mange délicatement un McDo dans la file d’attente. Pas simple, surtout qu’il y a du vent de partout. Puff Daddy me croise (les Yachts ne sont pas loin), et je sympathise avec quelques personnes autour de moi.

Toute l’équipe d’Antiviral, sous les yeux de David Cronenberg, présent dans la salle

22h10 : Après une heure d’attente, je parviens à entrer, parmi les derniers. Thierry Frémeaux, l’air fatigué et la voix usée, monte sur scène, et nous présente l’équipe du film, sous les yeux du président Tim Roth et de papa Cronenberg qui sont dans la salle (je n’arriverai pas à apercevoir ce dernier). Brandon Cronenberg est intimidé, et nous laisse regarder son premier né..Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est le fils de son père !! Si David avait commencé sa carrière aujourd’hui, il aurait probablement fait le même film !!

Je réalise que si je veux voir le Dracula 3D de papa Argento, je ne pourrai pas voir la fin d’Antiviral… J’enrage, car le film est très intéressant, et surtout je déteste quitter une séance avant qu’elle ne soit terminée. Mais des amis qui m’ont réservés une place sont déjà dans la queue, et je préfère ne pas prendre le risque de rater cette avant-première mondiale.. En fait, c’est surtout parce qu’une rumeur veut que Tarantino en profite pour montrer 10 minutes de Django Unchained qui me pousse à un tel blasphème..

Toute l’équipe de Dracula au bout du Tapis Rouge

00h30 : J’ai pu rejoindre tout le monde, et après une rapide montée des Marches, où nous avons été invités à nous presser, afin de laisser le temps à toute l’équipe du film de poser pour la presse, me voilà dans la salle. Une paire de lunettes 3D à la main, nous écoutons religieusement Thierry Frémeaux crier à tout le monde son admiration pour Argento. Un gentil petit montage des scènes les plus emblématiques de ses films est montrée avant le début de Dracula.. La salle est chauffée à blanc, nous chaussons nos lunettes, et c’est parti pour 2h de sang en relief… Ah non ! La salle siffle au bout de 30 secondes ! Les lunettes ne fonctionnent pas, sauf si on les maintient avec un doigt entre les deux verres, ce qui, avouons-le, à cette heure-ci, permet d’empêcher un dodelinement de la tête intempestif ! La lumière est rallumée, Thierry vient s’excuser auprès du public, et surtout de Dario. Puis tout repart 5mn après. Et là c’est parti…

2h50 : Quelle franche rigolade ! Le film est une série Z de derrière les fagots, dont seule la 3D vaut quelque chose ! A voir si vous êtes entre copains à la maison, une bière à la main. Les rires qu’ont déclenché les effets spéciaux en carton, les dialogues écrits avec les pieds, et le rythme sénile du film nous auront au moins permis de ne pas nous endormir !

Pour l’heure, direction le lit, avec à la clé une petite grasse mat’ pour le lendemain !

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