Journal de Cannes : Jour 2

Le désavantage  d’être hébergé par des Cannois, c’est le confort. Donc ma deuxième journée commencera à 10h, car rien ne sert de courir, il faut partir à point. (Ne jamais hésiter à invoquer La Fontaine lorsque l’on est de mauvaise foi). On est dans le sud, on ne se presse pas. Donc petit déjeuner sur la terrasse, au soleil, fignolage de l’article de la journée 1, sur lequel j’avais déjà bien avancé la veille, jusqu’à 3h. Déjeuner avec mes charmants hôtes, puis descente tranquille pour la Croisette.
Il est 14h15 devant le palais lorsque je me dis qu’au final, De Rouille et d’Os a l’air pas mal. Je sors donc mon Moleskine, mon plus beau stylo, et à base de pancarte home-made, je commence à arpenter le parvis.
Le monde du quêteur d’invitations est sans pitié. Il n’y a pas d’amitié possible, on noue des alliances avec ses collègues, que l’on trahi dès que l’on parvient à récupérer un place. Le secret réside dans le fait  d’être souriant, avenant, et d’essayer de repérer les personnes susceptibles d’être en trop-plein de ticket : les badges colorés, les gros dossiers dans les mains, etc… Mon conseil est d’inscrire un petit mot pour demander un ticket en inscrivant le nom du film, si possible de façon drôle, en Anglais de préférence : je n’ai eu pratiquement que des tickets offerts par des Anglo-Saxons.

L’évènement de la journée ; De Rouille et d’os, de Jacques Audiard

Aujourd’hui j’ai de la chance, et probablement une bonne tête, puisqu’un jeune Américain me hèle et, aux yeux et à la barbe des deux adolescents devant lui, m’offre une place! Il souhaite s’assurer que son invitation ne sera pas perdue. Car, comme pour les accréditations, les invitations pour un même film ne sont pas toutes les mêmes : balcon ou orchestre, bleue, beige, etc… La plupart obligent à posséder une accréditation de niveau suffisant pour pouvoir entrer. La mienne en fait partie, et m’autorise donc à fouler de nouveau le tapis rouge ( en passant par la petite porte) pour voir le nouvel Audiard. C’est parti pour le Grand Palais! je suis pressé de voir ce que  Mathias Shoenaerts donne à l’écran, tout le monde me le vendant comme le messie depuis Bull-Head (que je n’ai pas encore vu).

17h, sortie de la salle. Belle projo!  Ma « journée » a bien commencé, je vais donc essayer de provoquer ma baraka en tentant une infiltration pour le film d’ouverture de la Quinzaine, The I and The We, de Michel Gondry. J’avoue ne pas avoir nourri beaucoup d’espoir quant à mes chances d’entrer à la projection. En effet, nous sommes un jour férié, synonyme de lourde présence sur la Croisette. Gondry est en plus un réalisateur très connu, sa séance ( j’ai raté celle du matin, déjà très chargée) fait l’ouverture, et le Carosse d’Or est remis à cette occasion à Nuri Bilge Ceylan, sans oublier que Gondry en personne sera présent, après une journée marathon d’interviexs.

Je rejoins un copain qui possède lui un pass spécial Quinzaine, plus puissant que le mien sur ce terrain, mais sans véritable avantage ailleurs. Il réussira à passer, tandis que je verrais les 3 autres files d’attente se vider sous mes yeux, et la mienne  rester immobile jusqu’au bout. Premier gros fail du Festival!
Cette attente m’aura permis de tailler le bout de gras avec mes voisins de queue, gens toujours passionnant à Cannes. Me voilà donc à discuter avec le créateur du blog Chroniques du Canapé Intergalactique, ainsi qu’avec un vétéran de Cannes, monteur et réalisateur à ses heures perdues. C’est toujours un plaisir que de se retrouver avec des gens passionnés et passionnants!

19h30 : Pas de Gondry donc, mais ma déception s’efface vite lorsqu’une copine m’annonce posséder grâce à son boulot un pass pour la soirée d’ouverture de la Villa des Inrocks, l’un des points chauds de cette deuxième nuit Cannoise! En route donc pour ma première soirée du Festival!

L’entrée du jardin

Le jardin de la Villa

Le pianiste-catcheur Cascadeur

Aux Inrocks, ils se foutent pas de ta gueule quand ils louent une villa. J’apprends que l’endroit serait de la médiathèque de Cannes, ce qui signifie que la mairie de la ville ne se fout pas non plus de ta gueule lorsqu’elle te prête un CD. On pénètre dans le grand jardin de l’endroit en passant dans le O d’Inrocks, posé en grandes lettres de lumière après le portail. Bars à bière (10 mnde queue), à vodka (30 mn de queue) et à eau fruitée (1 mn de queue) sponsorisés sont posés ça et là, ainsi que quelques transats et fauteuils plus ou moins design. Sur la petite scène, Cascadeurs’agite sur son piano, probablement en train d’affreusement suinter sous son masque de catcheur en cuir.

La même moitié de ma TL twitter qui était dans mon train (Cf jour 1) semble être là ce soir. Je profite des tickets de boissons distribués à l’entrée pour boire une bière, alors que sur scène, Julie Ferrier (!) présente la remise des Audi Talent Award, concours pour les jeunes réalisateurs, qui avait consacré l’an dernier le prometteur Dominique Rocher. Michel Denisot (!!) rejoint Julie pour remettre le prix a un jeune homme qui semble (légitimement) intimidé.

Gossip qui a mis le feu à la Villa!!

Puis la soirée reprend, jusqu’au débarquement du deuxième groupe de la soirée : Gossip, dont les premiers jours du festival portent décidément la marque, eux qui ont chanté à l’ouverture et au Grand Journal. Et là Beth Ditto nous régale pendant près d’une heure et demie, courant partout, parlant avec le public, dont les plus proches sont a portée de main de la chanteuse, qui n’a pourtant pas des bras tentaculaires. Entre deux chansons, je retente le bar à bière, discutant de-ci de-là avec un régisseur de Philippe Vandel (croisé dans la soirée), des journalistes, le créateur de l’affiche du Audiard, bref que des gens sympas! Je croise également Jean-Paul Gautier (!!!!), qui en plus d’être l’ami de Ditto, le créateur des costumes du 5e Élément et membre du jury de cette année, a quand même désigné une bouteille de Coca Light (c’est pas tout le monde). Autant dire que la soirée est bonne!

C2C en place pour le dernier concert de la soirée!

C2C enchaine derrière Gossip, mais la fatigue s’installe. Surtout, j’espère trouver une invitation pour le Matteo Garrone  de 8h30 le lendemain matin, et il s’agirait de doser son sommeil comme un petit chimiste si on veut tenir la longueur. Départ vers 1h, couché vers 2h, avec pour tout repas des bières et 4 Prince. Cannes, c’est pas top pour la ligne…La suite bientôt!

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