Journal de Cannes : Jour 1

Cette année, Cinemoustache descend au festival pour vous. Alors attention, ici on ne se la raconte pas. On est comme vous, on se démerde pour gratter des invitations pour les séances officielles, on met un costard, une paire de lunette de soleil de frimeur, et, en fronçant les sourcils, on avance d’un pas assuré vers les videurs des boites de nuit. On ne passe pas toujours. Mais que l’on rentre à la soirée Canal, que l’on foule le tapis rouge, ou que l’on finisse sur la plage à converser avec le mec qui en est à son 50e Festival (à savoir le clodo du coin, jamais avare d’une anecdote incroyable concernant de parfaits inconnus), on vous le raconte. Car Cannes c’est ça aussi : des ratés, des rencontres improbables, des coups de pots ou de malchance qui permettent de repartir la besace à souvenirs pleine, avec largement de quoi se la raconter dans les chaumières.

Voici donc le récit de la semaine que je vais passer sur place, ma première à Cannes, au jour le jour si possible.

Cinemoustache.

 

PREMIER JOUR

Réveil matin, 7h. Debout debout, aujourd’hui tu pars à Cannes!! Ma valise est prête depuis 5 jours : un costard, un noeud-pap’ emprunté  aux parents, trop de T-shirts, pas suffisamment de chemises, de la lecture (pour le train et les files d’attente), un ordinateur, un iPhone, une pharmacie en cas de gueule de bois, quelques Moleskine, et quelques stylos, sait-on jamais. Ajoutons à la dernière minute une veste un peu chaude, au cas où la Côte d’Azur ne serait plus ce qu’elle était. Dès le départ je joue l’original, puisque je choisis de partir de l’autre bout de la France : Lille, patrie du cinéma depuis que Dany Boon en a décidé ainsi.

9h : le train démarre. On en profite pour faire une sieste, lire le Première spécial Cannes, et analyser la planète Twitter afin de savoir ce qui se passe au Festival, vérifier que ce que l’on manque au Festival n’est pas trop intéressant. Tout va bien, seuls Bruce Willis, Edward Norton, Wes Anderson, Alec Baldwin, Eva Longoria, l’Amiral General Aladeen et quelques autres petite pointures sont arrivées et signent des autographes aux conférences de presse. De toute façon, l’accréditation que j’ai réussi à avoir ne me donne pas accès aux conférences de presse, nous voilà donc rassurés.

13h40 : changement de train à la gare d’Aix-en-Provence. Le vent souffle, on se dit que finalement la veste n’était pas une si mauvaise idée. On guette les autres passagers qui s’apprêtent à monter dans le train qui desservira Cannes, au cas où Bill Murray aurait soudainement décidé d’aller acheter des calissons. Mais non, personne de connu à l’horizon. On monte dans son wagon (première classe avec une prise électrique, on est prévoyant, on connaît les capacités incroyables des batteries Apple) et on commence à compter les minutes. 13h47, plus que 2h.

16h30 : Le train s’est arrêté 4 fois en une heure, et nous roulons avec 2h de retard. Panique : Première Classe + Côte d’Azur = 75 ans de moyenne d’âge autour de moi. Mes voisins commencent à raconter leur vie à voix haute, et rappellent à tout le monde à quel point c’était mieux avant. Avec tout ça, je risque d’arriver trop tard pour récupérer mon accréditation pour aujourd’hui, et donc de ne pouvoir m’asseoir aux côtés de Wes et de Bruce pour Moonrise Kingdom. On twitte son malheur,et soudain la solidarité numérique se met en route : le train entier semble contenir la moitié des twittos ciné de ma TL. Cette belle famille du Cinéma fait chaud au cœur.

18h : Après 9h de rail, me voilà dans la gare de Cannes. Mon train n’était pas le seul à être en retard, et la station est remplie de mecs en smokings qui courent vers la sortie, tirant comme ils peuvent leur valise derrière eux. Je rejoins tranquillement mon hôtesse de la semaine, qui a l’immense générosité de m’accueillir  dans sa maison des hauteurs, à 15 mn du centre-ville. Bien élevé, j’ai rapporté à mes bienfaiteurs maroilles, endives, gaufres et bières de ma région : un hébergement à Cannes, c’est rare!

C’est bien moins impressionnant en vrai!

19h30 : après m’être tranquillement installé et avoir regardé la montée des marches à la télé, je me dis qu’il serait bête de ne pas aller voir comment c’est la Croisette en vrai. Je n’ai pas grand espoir de récupérer mon accréditation aujourd’hui, m’imaginant déjà les torrents de festivaliers courroucés se précipiter de la gare aux bureaux les distribuant. Mais non, pas un chat dans les sous-sol du Palais. Pendant que tout le gratin regarde le film d’ouverture, je me vois offrir un beau badge, un sac du festival, et plein de lecture, dont, très intéressant, le programme des projections. Moi qui n’ai rien à faire de la soirée, je vais pouvoir étudier attentivement le plan de la ville, des salles de projections, et les horaires des films à venir, afin de dresser des plans d’attaque pour me faufiler aux séances qui m’intéressent (et qui sont évidemment ceux qui intéressent tout le monde).

Les forêts d'escabeau, en face des marches du Palais.

Les Marches de Cannes…en face du tapis rouge

Je profite de le relative douceur de la ville pour me balader le long de la promenade des Anglais et des quais remplis de Yachts affolants du port. Il serait dommage de venir à Cannes et de ne pas se rendre sur les lieux que toutes les télévisions du monde retransmettent en boucle…Voilà voilà, je vois des gros bateaux, des tentes sur les plages, protégées par des ancien lutteurs de l’Europe de l’Est. J’entends de la musique derrière les parois en plastique.. mais pas d’accès, évidemment. D’ailleurs je n’ai même pas mis mon costume, à peine une veste et un jean noir. Après un détour par le McDo (repère essentiel de la Croisette) et devant le plateau du Grand Journal, je décide de rentrer préparer la semaine.

21h30 : Devant le Palais, les spectateurs de la Séance d’ouverture, Moonrise Kingdom, sont en train de sortir. Des dizaines de jeunes (et moins jeunes) en smoking sautent sur tout ce qui passe les portes, armés de pancarte, afin de quêter une invitation pour la séance de 23h. Quel drôle de faune me dis-je, bien que ce soit là le seul moyen d’accéder à une projection officielle pour nous les petits. Je décide de m’attarder en fumant une dernière cigarette. Quelle bonne idée de ne jamais avoir de feu! Les jeunes gens à qui je m’adresse sont des Cannois, détenteurs de deux précieux Sésame pour le film de 23h! Et me voilà en quelques secondes passer de l’autre côté du miroir! Tapis Rouge et tout le toutim!

Le pass magique pour Moonrise Kingdom!

22h30 : Bon tapis rouge certes, mais pas en entier, et sans photographes. Après avoir passé 4 portails de sécurité, je me retrouve dans (l’immense) salle, le Grand Théâtre Lumière. C’est assez vertigineux, cela ressemble à une salle IMAX comme j’en ai vu aux Etats-Unis. Après quelques minutes d’attente, mon premier film de Cannes commence..

L’immense Grand Théâtre Lumière!

Le tapis rouge après la séance

 

 

 

 

 

 

 

00h45 : sortie du Palais. Moonrise Kingdom est vraiment plaisant, (j’y reviendrai plus tard). Je me dit que la journée a été bien remplie. J’écarte rapidement l’éventualité de tenter de pénetrer une soirée VIP, autant parce que le premier soir n’est pas le plus fou, que pour suivre les sages conseils de Michel Denisot, « démarrer prudemment ». Direction la maison, c’était une bonne première! Espérons que demain le sera tout autant!

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