Wes Anderson, un Américain à Cannes

Le film qui fera l’ouverture du Festival cette année est réalisé par l’un des trois petits nouveaux sur la Croisette. Le réalisateur américain Wes Anderson n’en est pourtant pas à son coup d’essai, puisque Moonrise Kingdom est son septième long métrage.

Un beau portrait de la « famille » Moonrise Kingdom

Si les films d’ouverture sont en général (mais pas forcément) Hors-compétition et sensés permettre une belle première montée des marches (Midnight in Paris l’an dernier, Robin des Bois en 2010), ça n’est pas une règle définitive. Dont acte, puisque Moorise Kingdom aura les honneurs de la compétition.Cela n’est pas très étonnant, puisque dans une sélection officielle marquée par une forte présence Américaine, Wes Anderson a plusieurs cartes à jouer.

Tout d’abord, il bénéficie d’une expérience solide, et a su se créer au fil des œuvres un univers bien à lui. Depuis Bottle Rocket en 1996 jusqu’à Darjeeling Limited il y a cinq ans, en passant par La Vie Aquatique (2004) et la Famille Tenebaum en 2001, Anderson a su donner à ses films une facture toute personnelle. Dans chacune de ses œuvres nous retrouvons une galerie de personnages généralement paumés/dépressifs/complètements barrés (plusieurs réponses possibles), en général issus de la même famille dysfonctionnelle, marquée par l’absence d’un père (Les Tenenbaum, la Vie Aquatique) ou d’une mère (The Darjeeling Limited), ou au contraire par les manquements et dérives parentales (les pulsions sauvages de Foxy Renard dans Fantastic Mr Fox, la concurrence amoureuse entre Max Fisher et son père dans Rushmore).
Anderson a très rapidement affiné sa mise en scène au fil des films : des cadres travaillés comme des tableaux, des axes de caméra très précis, ou encore des plans fixes, assez rares dans le cinéma Américain d’aujourd’hui pour retenir l’attention. Le tout au service d’acteurs de grands renoms.

Les frères Owen (le blond) et Luke (le brun) Wilson.

Jason Schwartzmann, le Dandy à moustache.

Une famille de cinéma :

Car c’est une autre spécialité du réalisateur :un casting éclectique et de grande facture. Au fil de ses films, Wes Anderson a su réunir une équipe de fidèles, à commencer par les frères Wilson, Owen et Luke, qu’il a  fait jouer dans plusieurs de ses films (Owen a d’ailleurs écrit avec lui ses trois premiers films). Anjelica Huston et Bill Murray sont également devenu des réguliers quatre étoiles, au même titre que Jason Schwartzman, co-scénariste sur certains films. Ajoutons la participation du cousin de Jason, Roman (Coppola) à l’écriture de Moonrise Kingdom et The Darjeeling Limited, et nous nous retrouvons avec une belle famille de Cinéma.

Famille qui n’a pas laissé certaines grandes stars indifférentes, qui ont rejoint l’écurie le temps d’un film. Gene Hackman, Danny Glover, Ben Stiller, Gwyneth Paltrow dans La Famille TenenbaumWillem Dafoe, Jeff Goldblum, Cate Blanchett, le chanteur Seu Jorge pour La Vie Aquatique, Natalie Portman dans le sublime court Hôtel Chevalier, Adrien Brody pour The Darjeeling Limited, ou encore George Clooney et Meryl Streep pour les voix de son Fantastic Mr Fox…A chaque fois ou presque, l’auteur a su pousser ses interprètes à se renouveler, et montrer une facette de leur talent jusqu’alors peu exploité.

Moonrise Kingdom

Dans Moonrise Kingdom, c’est Bruce Willis, Edward Norton et Harvey Keitel qui risquent de nous réserver des surprises. L’histoire nous emmène sur la piste de deux jeunes enfants, Suzy et Sam (Jared Gilman et Kara Hayward) qui fuient ensemble leur petite ville de Nouvelle-Angleterre, durant l’été 1965. Leurs familles, la police local et la compagnie scout des environs se mettent à leur recherche, alors qu’une violente tempête approche.
Willis interprète le shérif (à lunette) de la ville, Norton un chef scout rigide, et Keitel un autre scout, suppose-t-on, puisque la seule image sortie dans la presse le montre en uniforme.

Seul image d’Harvey Keitel, volée sur le plateau de Moonrise Kingdom.

On retrouve donc les thèmes chers au réalisateur : la famille, les conventions sociale,ou les apparences parfois trompeuse. L’imaginaire aura également une grande place ici, les deux enfants se créant un monde qui n’appartient qu’à eux, mis en valeur par les décors naturels colorés de la Nouvelle-Angleterre. Humour, amour, nostalgie de l’enfance.. Anderson revisite des thèmes avec lesquels il est familier. Cela promet-il une œuvre majeure de l’auteur, francophile (on retrouve Le Temps de l’Amour de Françoise Hardy à la B.O.), avec un prix à la clé? Thierry Frémaux souligne en tous cas la patte du réalisateur : »Wes Anderson fait partie des forces montantes du cinéma américain qu’il revisite de façon toute personnelle. En particulier dans Moonrise Kingdom, qui témoigne à nouveau de la liberté de création dans laquelle il continue à évoluer. Sensible et indépendant, cet admirateur de Fellini et Renoir est aussi un cinéaste brillant et inventif »

Bande-Annonce de ce film qui sortira sur tous les écrans de France le jour de sa projection à Cannes, le 16 Mai :

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Une réflexion sur “Wes Anderson, un Américain à Cannes

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